Le ministère saoudien des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires suédois dans le pays pour condamner l’incendie et la profanation du Coran, a indiqué aujourd’hui, vendredi, l’agence de presse officielle saoudienne (SPA).
Le ministère a remis au chargé d’affaires suédois une note de protestation appelant les autorités de son pays à « prendre les mesures immédiates et nécessaires pour mettre fin à ces actes honteux, qui violent tous les enseignements religieux, les lois et les normes internationales ».
Le ministère a également réaffirmé l’opposition du Royaume à tout acte encourageant la haine religieuse.
Les manifestants anti-islam, dont un immigré irakien en Suède, qui ont brûlé le Coran devant une mosquée de Stockholm en juin, ont demandé et obtenu de la police suédoise l’autorisation d’en faire autant devant l’ambassade d’Irak jeudi.
Lors de cette manifestation, les participants ont piétiné et détruit un livre qu’ils disent être le Coran, mais ont quitté les lieux au bout d’une heure sans y mettre le feu.
La récente démonstration publique du Coran brûlé a déclenché de nombreuses critiques, notamment de la part des principaux États musulmans qui ont poussé le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à adopter la semaine dernière une résolution dénonçant la haine religieuse.
Lors de son adoption, la résolution « Contre la haine religieuse constituant une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence » a été défendue par l’Arabie saoudite.
Représailles à Bagdad
Juste avant la manifestation anti-Coran de jeudi à Stockholm, l’ambassade de Suède a Bagdad a été attaquée par des manifestants.
Hier, les États-Unis ont fermement condamné cette l’attaque et ont déclaré qu’il était « inacceptable que les forces de sécurité irakiennes n’aient pas fait grand-chose pour protéger la mission ».
« Les États-Unis condamnent fermement l’attaque de l’ambassade de Suède à Bagdad aux premières heures du 20 juillet », a déclaré le porte-parole du département d’État, Matthew Miller.
« Il est inacceptable que les forces de sécurité irakiennes n’aient pas agi pour empêcher les manifestants de pénétrer une deuxième fois dans l’enceinte de l’ambassade de Suède et de l’endommager », a-t-il ajouté.
Jeudi matin, des partisans de Moqtada al-Sadr, religieux et leader politique de l’islam chiite, ont mené l’attaque contre l’ambassade, mettant le feu à des bâtiments.
Le porte-parole du département d’État a déclaré que la liberté de manifester était un élément essentiel de la démocratie, « mais ce qui s’est passé la nuit dernière est un acte de violence illégal », a-t-il souligné, avant d’appeler le gouvernement irakien à respecter les obligations qui lui incombent en vertu du droit international en matière de protection des missions diplomatiques étrangères.

