A quelques jours du concert du rappeur américain Travis Scott, la polémique gronde encore autour de l’événement censé avoir lieu le 28 juillet dans les pyramides de Gizeh en Egypte.
Le Syndicat égyptien des musiciens a publié mardi un communiqué annonçant l’annulation de l’autorisation précédemment délivrée à l’agence organisatrice du concert, mais cette dernière a déclaré qu’une licence déjà accordée ne peut être retirée, et que le concert aura bien lieu à la date prévue.
Un expert juridique en affaires artistiques a confirmé que le Syndicat des musiciens ne peut ni annuler un concert ni refuser d’accorder la licence nécessaire à son organisation tant que les frais juridiques requis sont payés.
La déclaration du syndicat égyptien fait suite à une vaste campagne sur les réseaux sociaux appelant à l’annulation du concert de l’artiste, affirmant qu’il expose « des rituels sataniques étrangers à la société ».
Cependant, cette décision est en contradiction avec la forte demande de billets, l’agence organisatrice ayant indiqué qu’ils se sont vendus en quelques minutes après l’ouverture des ventes.
À la suite des appels propagés sur les réseaux sociaux, le Conseil du Syndicat des Musiciens, présidé par Mostafa Kamel, s’est réuni et a publié un communiqué annonçant l’annulation du permis déjà accordé à la société organisatrice.
La déclaration disait : « Il ne fait aucun doute que le syndicat général a accueilli ces derniers mois toutes sortes d’arts et de fêtes, mais il a fixé des conditions et des contrôles pour s’assurer que les coutumes et traditions héritées par le peuple égyptien ne subissent pas de préjudice. »
« Le Syndicat général et le Conseil d’administration ont décidé d’annuler l’autorisation délivrée pour organiser ce type de concert, en contradiction avec l’identité culturelle du peuple égyptien », poursuit le communiqué.
Selon Mahmoud Othman, avocat spécialiste des questions artistiques, le Syndicat des musiciens n’a ni le droit d’annuler un concert, ni celui de contrôler ou de juger un contenu artistique.
« Les licences requises proviennent principalement de l’organe de surveillance des œuvres artistiques issu du ministère de la Culture, et cela oblige les organisateurs à obtenir un permis des autorités sécuritaires et à payer des frais au Syndicat des musiciens », a expliqué l’avocat.
Le concert reste d’actualité
Live Nation, la société organisatrice du concert, a confirmé mardi dans un tweet que les discussions autour d’une éventuelle annulation sont fausses, et que le concert aura bien lieu comme prévu.
La société chargée de vendre les billets en Égypte a également confirmé que le concert de Travis Scott aura lieu à la date prévue, et que rien ne sera altéré par la déclaration du syndicat.

