{"id":2505,"date":"2021-02-08T18:36:52","date_gmt":"2021-02-08T17:36:52","guid":{"rendered":"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/?p=2505"},"modified":"2021-02-08T21:13:24","modified_gmt":"2021-02-08T20:13:24","slug":"dossier-le-qatar-ou-lart-du-lobbying-de-pointe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/2021\/02\/08\/dossier-le-qatar-ou-lart-du-lobbying-de-pointe\/","title":{"rendered":"Dossier : Le Qatar ou l&#8217;art du lobbying  de pointe"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce dossier est bas\u00e9 sur le rapport du 30 mars 2020 de Lee Smith, auteur et journaliste politique am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar, nation du Moyen-Orient, compte un peu plus de 300 000 Qataris natifs, vivant sur 11 586 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de sable, majoritairement d\u00e9sertiques. Ainsi, le Qatar peut sembler \u00eatre un point d&#8217;appui improbable pour remodeler la politique et la culture occidentales \u00e0 travers des d\u00e9bats politiques, des groupes de r\u00e9flexion, des universit\u00e9s et des institutions culturelles de marque. Pourtant, au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, le Qatar a mis en \u0153uvre l&#8217;effort le plus sophistiqu\u00e9, le plus soutenu et le plus fructueux de toute nation ou groupe d&#8217;int\u00e9r\u00eat \u00e9tranger pour tourner l&#8217;opinion occidentale, en particulier l&#8217;opinion am\u00e9ricaine, en sa faveur.<\/p>\n\n\n\n<p>le Qatar a vers\u00e9 des sommes d&#8217;argent insens\u00e9es dans les gouvernements locaux, les universit\u00e9s, les \u00e9coles, les programmes \u00e9ducatifs, les groupes de r\u00e9flexion et les m\u00e9dias \u00e0 travers l&#8217;Am\u00e9rique, et dans un nombre d&#8217;initiatives comme le mouvement anti-isra\u00e9lien &#8220;Boycott&#8221;, le d\u00e9sinvestissement et les sanctions, pour influencer l&#8217;opinion am\u00e9ricaine. Il est impossible de comprendre comment Washington fonctionne aujourd&#8217;hui sans comprendre la nature et la port\u00e9e de la grande campagne qatari.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar a d\u00e9j\u00e0 transform\u00e9 une grande partie de sa richesse \u00e9nerg\u00e9tique en un portefeuille d&#8217;investissement enviable avec des participations importantes \u00e0 travers les \u00c9tats-Unis. Sa strat\u00e9gie consiste \u00e0 utiliser des fonds souverains et d&#8217;autres v\u00e9hicules d&#8217;investissement comme instruments politiques, par exemple, faire jouer une influence d\u00e9mod\u00e9e comme regrouper 1000 $ de contributions aux campagnes de candidats politiques ou faire placer des op-eds par des fonctionnaires \u00e0 la retraite dans le Washington Post, semblent l&#8217;\u00e9quivalent de r\u00e9diger \u00e0 la main des lettres de collecte de fonds. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re seulement, le Qatar a d\u00e9clar\u00e9 2,8 milliards de dollars d\u2019investissement \u00e9tranger direct dans des entreprises am\u00e9ricaines, dont une grande partie \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 des \u00c9tats comme la Caroline du Sud, o\u00f9 Doha a pris une place importante dans l\u2019industrie a\u00e9rospatiale et des drones de l\u2019\u00c9tat. Les repr\u00e9sentants \u00e9lus de la Caroline du Sud exercent une influence substantielle sur les comit\u00e9s du Congr\u00e8s charg\u00e9s de superviser les relations ext\u00e9rieures des \u00c9tats-Unis et les d\u00e9penses de la D\u00e9fense. Le s\u00e9nateur influent de la Caroline du Sud, Lindsey Graham, a appel\u00e9 \u00e0 une r\u00e9solution de la crise qui oppose le Qatar \u00e0 ses voisins l&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis, mais il a souvent critiqu\u00e9 ouvertement la cible principale du Qatar, le prince h\u00e9ritier saoudien et le dirigeant de facto Mohammed bin Salman.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, seul un petit pourcentage des d\u00e9penses folles du Qatar en Am\u00e9rique sert \u00e0 jouer avec la loyaut\u00e9 des politiciens. Dans un sens plus large, les strat\u00e9gies d&#8217;achat d&#8217;influence du royaume sont un exemple classique de la fa\u00e7on de transformer l&#8217;argent en &#8220;soft power&#8221; \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 des institutions am\u00e9ricaines autrefois ind\u00e9pendantes comme les m\u00e9dias de prestige ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des plateformes technologiques beaucoup plus plates et faciles \u00e0 manier, renforc\u00e9s par des alignements politiques et financ\u00e9s par d&#8217;importantes sommes d&#8217;argent corporate et \u00e9tranger. Les efforts officiels du Qatar pour faire pression sur le gouvernement am\u00e9ricain ont quadrupl\u00e9 entre 2016-2017, passant de 4,2 millions de dollars \u00e0 16,3 millions de dollars, mais cela est d\u00e9risoire par rapport au co\u00fbt des investissements indirects inject\u00e9 dans la culture politique am\u00e9ricaine. Sur une p\u00e9riode de huit ans, de 2009 \u00e0 2017, la Qatar Foundation a donn\u00e9 30,6 millions de dollars \u00e0 des dizaines de lyc\u00e9es am\u00e9ricains de la maternelle \u00e0 la 12e ann\u00e9e. Une somme d\u00e9risoire compar\u00e9e au plus d&#8217;un milliard de dollars donn\u00e9 aux universit\u00e9s am\u00e9ricaines entre 2011 et 2017, ce qui fait du Qatar &#8220;de loin le plus grand bailleur de fonds \u00e9tranger&#8221; du milieu universitaire am\u00e9ricain, selon le groupe de surveillance non partisan Project On Government Oversight (POGO). En fait, selon POGO, le Qatar \u00e9tait le &#8220;seul pays \u00e0 donner plus d&#8217;un milliard de dollars au cours des sept ann\u00e9es couvertes par les donn\u00e9es de la loi sur l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur&#8221;. Le deuxi\u00e8me plus gros donneur \u00e9tranger, l&#8217;Angleterre, accuse un retard de plus de 200 millions de dollars en comparaison. Un dernier exemple tir\u00e9 d&#8217;un rapport du Congressional Research Service, indique qu&#8217;en &#8220;janvier 2018, le dialogue strat\u00e9gique entre les \u00c9tats-Unis et le Qatar reconait l&#8217;engagement de QIA \u00e0 mettre 45 milliards de dollars dans de futurs investissements dans les entreprises et l&#8217;immobilier am\u00e9ricains.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>En plus d&#8217;\u00eatre exponentiellement plus ch\u00e8res, les strat\u00e9gies de soft power du Qatar sont aussi infiniment plus sophistiqu\u00e9es que celles de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Pour comprendre comment fonctionne le nouveau syst\u00e8me d&#8217;influence, imaginez une salle de mus\u00e9e qui a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9e de toutes les \u0153uvres d&#8217;art ou antiquit\u00e9s que les visiteurs ont autrefois jug\u00e9es pr\u00e9cieuses. Cet espace vide est la sph\u00e8re publique am\u00e9ricaine, qui \u00e9tait autrefois peupl\u00e9e d&#8217;institutions dont l&#8217;ind\u00e9pendance financi\u00e8re et les normes professionnelles leur permettaient de se renforcer mutuellement en tenant compte de la r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;une large partie de la population.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant que ces institutions ont pris des positions ouvertement partisanes et adopt\u00e9 de toxiques th\u00e9ories du complot comme source de revenus, elles ne sont plus capables de cr\u00e9er une r\u00e9alit\u00e9 avec laquelle un grand nombre de personnes peut \u00eatre d&#8217;accord. La seule fa\u00e7on d&#8217;obtenir un accord m\u00eame \u00e9ph\u00e9m\u00e8re dans un syst\u00e8me aussi d\u00e9labr\u00e9 et mercenaire est de l&#8217;acheter, en plusieurs endroits \u00e0 la fois : \u00e0 gauche, \u00e0 droite, au centre, dans les universit\u00e9s, les groupes de r\u00e9flexion, les acteurs politiques, les cabinets d&#8217;avocats, les marques de prestige, les principaux politiciens, de sorte que chaque morceau du miroir bris\u00e9 semble refl\u00e9ter une r\u00e9alit\u00e9 commune convenue. La difficult\u00e9 de cette t\u00e2che, bien s\u00fbr, est que les illusions ainsi cr\u00e9\u00e9es sont aussi \u00e9ph\u00e9m\u00e8res que co\u00fbteuses. Le Qatar fournit un exemple classique de la fa\u00e7on de jouer \u00e0 ce jeu, pour ceux dont les poches sont suffisamment profondes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;C\u2019est un endroit minuscule avec des ressources tr\u00e8s importantes\u00bb, d\u00e9clare Bernard Haykel, chercheur \u00e0 Princeton et sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient. &#8220;Les Qataris veulent se prot\u00e9ger et se rendre indispensables. Ils le font en partie en faisant du Qatar un lieu de rassemblement. Par exemple, si les \u00c9tats-Unis veulent traiter avec les talibans, ils passent par Doha.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, les talibans et les responsables am\u00e9ricains ont sign\u00e9 un accord qui permettrait aux forces am\u00e9ricaines de se retirer d\u00e9finitivement d&#8217;Afghanistan. L&#8217;accord conclurait l&#8217;un des engagements militaires les plus d\u00e9sastreux de l&#8217;histoire des \u00c9tats-Unis, tout en respectant l&#8217;un des engagements de campagne les plus importants du pr\u00e9sident Donald Trump en 2016 pour mettre fin aux guerres \u00e9trang\u00e8res inutiles. cet accord repr\u00e9sente \u00e9galement la derni\u00e8re plume en date sur la casquette de Doha. Possible uniquement gr\u00e2ce \u00e0 un partenariat am\u00e9ricain avec le pays qui se consid\u00e8re comme l\u2019ami de tous, disent les responsables qatariens et les admirateurs du pays. Et pour les critiques du Qatar, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le Qatar exerce une influence profond\u00e9ment mena\u00e7ante sur les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains fondamentaux&#8221;, d\u00e9clare un expert am\u00e9ricain des affaires du Golfe sous couvert d&#8217;anonymat. &#8220;Le probl\u00e8me est qu\u2019ils sont structurellement promiscuit\u00e9. ils essaient d\u2019acheter une protection partout. Ils donnent de l\u2019argent aux ennemis am\u00e9ricains, comme les Fr\u00e8res musulmans ou le Hezbollah ou le Hamas ou le Front Nusra en Syrie. Les Qataris sont cens\u00e9s \u00eatre des alli\u00e9s des \u00c9tats-Unis, mais ils financent et traitent avec des pays et des groupes qui sont contre les int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains.<\/p>\n\n\n\n<p> Selon les dires de l&#8217;Arabie saoudite et des \u00c9mirats arabes unis, c&#8217;est \u00e0 cause du soutien du Qatar \u00e0 ces groupes et pays qu&#8217;ils ont impos\u00e9 le blocus au Conseil de coop\u00e9ration du Golfe (CCG) en juin 2017. Riyad et Abu Dhabi ont \u00e9mis 13 demandes auxquelles Doha \u00e9tait oblig\u00e9 de r\u00e9pondre avant la lev\u00e9e de l&#8217;embargo. Entre autres, les Saoudiens et les Emiratis ont d\u00e9clar\u00e9 que le Qatar devait fermer sa chaine d&#8217;information par satellite de renomm\u00e9e mondiale Al-Jazeera, cesser de soutenir les Fr\u00e8res musulmans et les groupes islamistes arm\u00e9s, se retirer de l&#8217;Iran et cesser toute ing\u00e9rence dans les affaires int\u00e9rieures de ses voisins, \u00e0 savoir l&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis. Une autre demande obligeait le Qatar \u00e0 aligner ses &#8220;politiques militaires, sociales et \u00e9conomiques sur les autres pays du Golfe et pays arabes&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Du point de vue de Doha, ces demandes reviennent \u00e0 demander au Qatar d\u2019abandonner sa souverainet\u00e9. Mais du point de vue de Riyad et d&#8217;Abou Dhabi, les politiques de leur petit voisin repr\u00e9sentent une menace strat\u00e9gique, en particulier, selon les personnalit\u00e9s pro-saoudiennes et \u00e9miraties, les relations du Qatar avec les islamistes \u00e0 travers le monde musulman, comme les talibans, le Hamas, le Hezbollah, les milices chiites d&#8217;Irak et les groupes terroristes sunnites.<\/p>\n\n\n\n<p>Le conflit entre les deux blocs du CCG a entra\u00een\u00e9 un massif afflux de richesses du Golfe \u00e0 Washington pendant que lobbyistes, consultants, experts de groupes de r\u00e9flexion et journalistes occupent les bancs des deux c\u00f4t\u00e9s concurrents. L\u2019ancienne membre du Congr\u00e8s de Floride, Ileana Ros-Lehtinen, fait partie des derniers grands noms de Beltway \u00e0 s\u2019\u00eatre enregistr\u00e9 comme lobbyiste des \u00c9mirats arabes unis, tandis que l\u2019ancien chef adjoint du cabinet du s\u00e9nateur de Caroline du Sud Lindsey Graham a sign\u00e9 avec le Qatar l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, il n&#8217;y a pas de secret autour de l&#8217;argent que les puissances \u00e9trang\u00e8res r\u00e9pandent dans la capitale am\u00e9ricaine. En effet, le but de d\u00e9penser de l&#8217;argent est de d\u00e9montrer ouvertement son pouvoir et son influence. Le but de prendre de l&#8217;argent aux puissances \u00e9trang\u00e8res, en dehors de l&#8217;argent lui-m\u00eame bien s\u00fbr, est de s&#8217;aligner sur le pouvoir que procure leur argent. Tous les am\u00e9ricains interrog\u00e9s sur cette histoire se sont montr\u00e9s ouverts, certains fiers de leur relation de travail avec l&#8217;une ou l&#8217;autres des parties en conflits du GCC.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne Donald Trump, la guerre froide du CCG est \u00e9galement bonne pour l&#8217;Am\u00e9rique. La Maison Blanche d\u00e9clare publiquement qu&#8217;elle veut que les deux parties, toutes deux alli\u00e9es des \u00c9tats-Unis, r\u00e9solvent leurs diff\u00e9rends, mais avant que Wall Street ne s&#8217;effondre, leur combat de plusieurs milliards de dollars a aliment\u00e9 la main-d&#8217;\u0153uvre am\u00e9ricaine. Pour se battre pour les faveurs de Trump, les deux parties en conflit du CCG ont \u00e9norm\u00e9ment d\u00e9pens\u00e9 en armes, en avions militaires, en transporteurs civils, et en investissements dans l&#8217;immobiliers et la fabrication dans tout le pays, de New York au Texas. Les emplois cr\u00e9\u00e9s par les d\u00e9penses du Golfe expliquent en partie pourquoi en avril, les \u00c9tats-Unis ont connu le taux de ch\u00f4mage le plus bas depuis 1969.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"822\" src=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Trump_Tamim.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2506\" srcset=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Trump_Tamim.jpg 1200w, https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Trump_Tamim-640x438.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption>Le pr\u00e9sident Donald Trump rencontre l&#8217;\u00e9mir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani in <em>au bureau ovale de la Maison Blanche \u00e0 Washington, D.C., le 9 juillet 2019_NICHOLAS KAMM\/AFP VIA GETTY IMAGES<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais les \u00e9normes avalanches d&#8217;argent liquide du Golfe qui d\u00e9ferlent sur Washington et le reste du pays sont-elles r\u00e9ellement bonnes pour l&#8217;Am\u00e9rique? Les \u00c9tats du Golfe, apr\u00e8s tout, respectent un ensemble de valeurs tr\u00e8s diff\u00e9rent de ce que les Am\u00e9ricains font ou ont fait dans une d\u00e9mocratie occidentale de libre march\u00e9. Et aussi rapidement que les partenaires des am\u00e9ricains se modernisent sous un leadership dynamique comme celui du prince h\u00e9ritier d&#8217;Arabie saoudite Mohammed ben Salmane et celui de l&#8217;\u00e9mir qatari Tamim bin Hamad Al Thani, il reste encore un long chemin \u00e0 parcourir. La main-d&#8217;\u0153uvre que le Qatar a import\u00e9e du sous-continent asiatique pour construire les sites de la Coupe du monde 2022 est d\u00e9crite, sans grande exag\u00e9ration, comme une main d&#8217;\u0153uvre esclave.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, il semble que la prise de d\u00e9cision en mati\u00e8re de politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine, en particulier lorsqu&#8217;il s&#8217;agit du Moyen-Orient et du monde musulman, est elle-m\u00eame devenue une bataille par procuration entre les deux camps oppos\u00e9s dans le Golfe. L\u2019Arabie saoudite critique les relations du Qatar avec les groupes terroristes, mais ignore sa propre relation pass\u00e9e avec le Hamas. Riyad et Abu Dhabi auraient tous deux tent\u00e9 de jouer le r\u00f4le de m\u00e9diateurs aupr\u00e8s des talibans.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la mesure o\u00f9 l\u2019accord de paix afghan peut r\u00e9pondre au d\u00e9sir ardent de l\u2019Am\u00e9rique de r\u00e9duire sa pr\u00e9sence au Moyen-Orient, il pose \u00e9galement un dilemme au Qatar, qui a peut-\u00eatre b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 plus que quiconque de la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine dans la r\u00e9gion depuis les attentats du 11 septembre. R\u00e9cemment, le Pentagone s&#8217;est pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 son d\u00e9part du Moyen-Orient, transf\u00e9rant certaines de ses op\u00e9rations de drones de la base a\u00e9rienne massive et ultramoderne d&#8217;Al Udeid du Qatar \u00e0 la Caroline du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que fera le Qatar sans les Am\u00e9ricains dans le d\u00e9sert? Transf\u00e9rer ses avoirs en Am\u00e9rique, bien s\u00fbr. La lutte brutale entre le Qatar et ses rivaux du CCG pour la supr\u00e9matie \u00e0 Washington repr\u00e9sente \u00e9galement un effort pour fa\u00e7onner l\u2019avenir du pays, et peut-\u00eatre sa survie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Qataris sont parvenus \u00e0 leur richesse relativement tard, entre le d\u00e9but et le milieu des ann\u00e9es 90. L\u00e0 o\u00f9 la plupart de leurs voisins du Golfe comptent sur le p\u00e9trole comme source de revenus, les Qataris ont trouv\u00e9 du gaz naturel dans le Golfe les s\u00e9parant de l&#8217;Iran. Les deux partagent le plus grand champ de gaz naturel au monde. L\u2019infrastructure de gaz naturel du Qatar a \u00e9t\u00e9 construite en grande partie par Exxon, alors sous la direction du futur secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de Donald Trump, Rex Tillerson. Le Qatar a le revenu par habitant le plus \u00e9lev\u00e9 au monde, avec une population totale l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure \u00e0 2,5 millions d&#8217;habitants, dont la plupart sont des travailleurs expatri\u00e9s, y compris des avocats et des consultants europ\u00e9ens en haut de l&#8217;\u00e9chelle. Et en bas, des ouvriers sud-asiatiques. La plus communaut\u00e9 la plus importante est la communaut\u00e9 indienne avec 650 000 individus, pr\u00e8s du double du nombre des Qataris.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la d\u00e9couverte du gaz naturel qui a plac\u00e9 le Qatar sur la carte du monde, il y a eu trois p\u00e9riodes cl\u00e9s dans l\u2019histoire du pays: 1995-2013, le r\u00e8gne de Hamad bin Khalifa Al Thani, qui a vu la mont\u00e9e en puissance du Qatar en tant qu\u2019acteur mondial, 2013-2017, la politique \u00e9trang\u00e8re r\u00e9initialis\u00e9e sous le r\u00e8gne de son fils Tamim, et la p\u00e9riode de 2017 \u00e0 aujourd&#8217;hui, au cours de laquelle le conflit intra-CCG \u00e0 Washington a conduit la strat\u00e9gie qatarie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar est dirig\u00e9 par la famille Al Thani depuis le milieu du XIXe si\u00e8cle. Le principal personnage historique de l\u2019histoire du pays est incontestablement le cheikh Hamad, l\u2019ancien \u00e9mir qui a gouvern\u00e9 de 1995 \u00e0 2013 et qui a trac\u00e9 l\u2019ascension du pays gr\u00e2ce \u00e0 de vastes ressources \u00e9nerg\u00e9tiques et \u00e0 des investissements internationaux. En construisant \u00e0 la fois Al-Jazeera et la base a\u00e9rienne d&#8217;Al Udeid, Hamad a institutionnalis\u00e9 la politique \u00e9trang\u00e8re du pays. Les Alli\u00e9s d\u00e9crivent cette politique comme \u00e9tant l&#8217;amie de tout le monde. Les adversaires, en particulier l&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis, la qualifient d&#8217;insouciante et de schizophr\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but du printemps arabe en 2011, Cheikh Hamad a plac\u00e9 les int\u00e9r\u00eats du Qatar dans la mont\u00e9e de l&#8217;islam politique, soutenant les partis islamistes en \u00c9gypte et en Tunisie ainsi que les groupes arm\u00e9s en Libye et en Syrie. Ses erreurs de calcul ont valu \u00e0 Doha la col\u00e8re de ses voisins plus traditionnels, \u00e0 Riyad et \u00e0 Abu Dhabi. En 2013, le Qatar a red\u00e9marr\u00e9 lorsque Hamad a d\u00e9missionn\u00e9 en faveur de son fils de 39 ans, Tamim, le ch\u00e9ri de sa m\u00e8re Moza bint Nasser, la plus glamour et la plus influente des quatre \u00e9pouses de Hamad.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"709\" src=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Noam-Blum.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2507\" srcset=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Noam-Blum.jpg 1200w, https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Noam-Blum-640x378.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption>NOAM BLUM<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Quatre ans apr\u00e8s, Tamim se retrouve au coeur d\u2019une crise, le blocus, que beaucoup disent \u00eatre le r\u00e9sultat du soutien de son p\u00e8re \u00e0 l\u2019islamisme.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;L&#8217;Iran n&#8217;est pas le probl\u00e8me num\u00e9ro un qui divise les \u00c9tats du CCG&#8221;, d\u00e9clare l&#8217;expert du Moyen-Orient Shadi Hamid, &#8220;Duba\u00ef a des relations commerciales plus \u00e9troites avec l&#8217;Iran que Doha.&#8221; Les relations intra-CCG, explique Hamid, &#8220;ont vraiment empir\u00e9 avec le printemps arabe. L&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis ont fait pression sur le Qatar \u00e0 cause de son soutien aux islamistes et cette pression a abouti au blocus.&#8221;<br>D&#8217;autres experts r\u00e9gionaux estiment qu&#8217;il \u00e9tait presque in\u00e9vitable que le Qatar soutienne les mouvements islamistes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;En tant que petit \u00c9tat \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un grand \u00c9tat, vous nagez en contre courant&#8221;, d\u00e9clare David Des Roches, analyste du Moyen-Orient. Il compare la relation du Qatar avec l\u2019Arabie saoudite \u00e0 celle du Canada avec les \u00c9tats-Unis. &#8220;Il semble \u00e9trange, par exemple, que les Canadiens se mettent en quatre pour accueillir Cuba&#8221;, dit-il. &#8220;Mais c\u2019est une fa\u00e7on dont ils se distinguent des Am\u00e9ricains. La contradiction vient en partie pour \u00e9viter l&#8217;assimilation.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>La strat\u00e9gie politique complexe du Qatar est fa\u00e7onn\u00e9e par sa g\u00e9ographie, ses relations avec un patronat superpuissant, ses ressources naturelles ainsi que le temp\u00e9rament de sa famille dirigeante.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;Arabie saoudite n&#8217;est pas le seul grand voisin avec lequel le Qatar doit compter. Sa richesse, sa s\u00e9curit\u00e9 et sa capacit\u00e9 \u00e0 projeter sa puissance sont \u00e9galement d\u00e9termin\u00e9es par ses relations avec l&#8217;Iran, qui poss\u00e8de le champ gazier de South Pars, et le Qatar, le champ gazier frontalier du North Dome. Ce qui complique encore plus les choses, c&#8217;est que l&#8217;Arabie saoudite, chef du monde arabe sunnite, et l&#8217;Iran, dirig\u00e9 par un r\u00e9gime religieux chiite, sont engag\u00e9s dans une comp\u00e9tition de style guerre froide contre le monde musulman. Parfois, le conflit a \u00e9clat\u00e9 en op\u00e9rations militaires r\u00e9elles, comme lorsque l&#8217;Iran a lanc\u00e9 des missiles sur les installations p\u00e9troli\u00e8res saoudiennes. Avec les deux pays, Doha \u00e9quilibre les arrangements et les agressions, bien que ces derni\u00e8res soient g\u00e9n\u00e9ralement fictives car elle ne peut pas non plus se permettre de se transformer en poignard point\u00e9 vers son propre c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, consid\u00e9rez comment le Qatar a g\u00e9r\u00e9 l&#8217;assassinat cibl\u00e9 du commandant iranien Qassem Soleimani. Les d\u00e9tracteurs du Qatar n&#8217;ont pas tard\u00e9 \u00e0 noter que Cheikh Tamim \u00e9tait le premier chef d&#8217;\u00c9tat \u00e0 se rendre en Iran apr\u00e8s la frappe. Lui et le pr\u00e9sident Hassan Rohani ont convenu que la d\u00e9sescalade et le dialogue \u00e9taient la seule voie \u00e0 suivre. Cependant, Rohani a d\u00fb grincer des dents, car les drones am\u00e9ricains envoy\u00e9s pour tuer Soleimani ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s depuis une base am\u00e9ricaine au Qatar.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar joue un double jeu comme le pr\u00e9tendent ses critiques, mais Doha comprend \u00e9galement que Washington est son alli\u00e9 le plus important, son bouclier protecteur. Cette relation a \u00e9t\u00e9 officiellement reconnue \u00e0 la suite de l&#8217;op\u00e9ration Desert Storm, lorsqu&#8217;en 1992, Washington et Doha ont conclu un accord de coop\u00e9ration en mati\u00e8re de d\u00e9fense portant sur la pr\u00e9sence de troupes am\u00e9ricaines au Qatar, le pr\u00e9-positionnement de l&#8217;\u00e9quipement militaire am\u00e9ricain et les ventes d&#8217;armes. L&#8217;accord a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 en 2013 pour encore 10 ans, une p\u00e9riode relativement courte dans une r\u00e9gion qui a vu dispara\u00eetre de puissants empires.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1995, Hamad a renvers\u00e9 son p\u00e8re, Khalifa bin Hamad Al Thani lors d&#8217;un coup d&#8217;\u00c9tat sans effusion de sang. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, les Saoudiens et les Emiratis s&#8217;\u00e9taient rang\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 du p\u00e8re et auraient tent\u00e9 de le remettre sur le tr\u00f4ne. En tant que puissances du statu quo, les deux n&#8217;aiment pas l&#8217;instabilit\u00e9 r\u00e9gionale. Et en tant que familles royales, elles froncent les sourcils face aux coups d&#8217;\u00c9tat familiaux, craignant que l&#8217;exemple ne puisse inspirer des tentatives similaires dans leurs propres familles. De plus, &#8220;l&#8217;Arabie se consid\u00e8re comme le p\u00e8re du Golfe, et tout le monde doit embrasser l&#8217;anneau et suivre son exemple. Les Saoudiens voient le Qatar non seulement comme une puissance locale plus petite, mais aussi comme une province saoudienne.&#8221; a d\u00e9clar\u00e9 le militant politique libanais Lokman Slim, tu\u00e9 la semaine derni\u00e8re au Liban-Sud. En fait, les familles royales d&#8217;Arabie saoudite et du Qatar sont originaires de la m\u00eame r\u00e9gion de la p\u00e9ninsule arabique, le Nejd. Ainsi, le conflit r\u00e9gional est en partie tribal, un conflit entre un petit clan et un grand clan.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;L&#8217;Arabie saoudite estime que son destin manifeste est de diriger le Golfe&#8221;, d\u00e9clare Sigurd Neubauer, analyste du Moyen-Orient bas\u00e9 \u00e0 Washington, DC. &#8220;Pareil pour les EAU. L&#8217;Arabie \u00e0 cause de sa taille et les \u00c9mirats arabes unis parce qu&#8217;ils pensent avoir tout compris. Ils ont construit des villes dans lesquelles les gens veulent vivre, comme Duba\u00ef, qu&#8217;ils consid\u00e8rent comme l&#8217;esprit du futur. Ils veulent que le Qatar se replie. Psychologiquement, une barri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 franchie lorsque le Mondial-2022 a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 au Qatar. Les Saoudiens et les Emiratis ne comprenaient pas comment le Qatar pouvait accueillir la Coupe du monde et pas eux.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour influencer l&#8217;opinion et projeter son pouvoir dans la r\u00e9gion et \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, le Qatar utilise \u00e0 la fois le soft-power \u00e0 travers des instruments de puissance douce comme les m\u00e9dias, les sports et la culture, mais aussi des moyens plus durs, le hard-power. Les deux projets les plus anciens et les plus significatifs de Hamad illustrent la nature de l\u2019art politique qatari &#8211; une initiative de hard-power et de soft power qui a d\u00e9montr\u00e9 que le Qatar \u00e9tait l&#8217;ami des deux c\u00f4t\u00e9s ou jouait \u00e0 un double jeu. En 1996, Doha a d\u00e9pens\u00e9 1 milliard de dollars pour construire la base a\u00e9rienne d&#8217;Al Udeid, qui deviendrait un n\u0153ud cl\u00e9 des op\u00e9rations militaires am\u00e9ricaines apr\u00e8s les attentats du 11 septembre 2001. La m\u00eame ann\u00e9e, Hamad a d\u00e9voil\u00e9 une nouvelle entreprise destin\u00e9e \u00e0 transformer les m\u00e9dias mondiaux tout en donnant la parole \u00e0 l\u2019anti-am\u00e9ricanisme, notamment \u00e0 Oussama Ben Laden: Al-Jazeera.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le 11 septembre et l&#8217;invasion de l&#8217;Irak par les \u00c9tats-Unis, la chaine d&#8217;information par satellite est devenue l&#8217;une des organisations de presse les plus c\u00e9l\u00e8bres au monde. Auparavant, les m\u00e9dias arabes \u00e9taient compos\u00e9s de dizaines de march\u00e9s nationaux ferm\u00e9s, g\u00e9n\u00e9ralement contr\u00f4l\u00e9s par l&#8217;\u00c9tat ou par des clans politiques et des services de renseignement qui fa\u00e7onnaient les informations selon les pr\u00e9dilections du pouvoir en place. Al-Jazeera a couvert des \u00e9v\u00e9nements dans toute la r\u00e9gion et, peut-\u00eatre le plus important pour public de la t\u00e9l\u00e9vision arabe fatigu\u00e9 de la couverture con\u00e7ue pour flatter leurs dirigeants, la chaine a d\u00e9fi\u00e9 les r\u00e9gimes au pouvoir, en particulier les puissances r\u00e9gionales align\u00e9es sur Washington, l&#8217;\u00c9gypte et l&#8217;Arabie saoudite, qui sans surprise \u00e9taient \u00e9galement des cibles du Qatar.<\/p>\n\n\n\n<p>Le personnel de la chaine est un r\u00e9seau d&#8217;arabophones provenant de l&#8217;exp\u00e9rience rat\u00e9e de la BBC. L&#8217;orientation id\u00e9ologique de Al-Jazeera \u00e9tait ouvertement pro-islamiste. Sa personnalit\u00e9 m\u00e9diatique la plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tait Yusuf al-Qaradawi, un \u00e9rudit \u00e9gyptien de l&#8217;islam sunnite qui s&#8217;est install\u00e9 \u00e0 Doha en 1961 pour \u00e9chapper aux purges anti-Fr\u00e8res musulmans de Gamal Abdel Nasser. Qaradawi est devenu l\u2019impresario universitaire et m\u00e9diatique du Qatar. Son \u00e9mission \u00e0 al-Jazeera, &#8220;Sharia and Life&#8221;, a dispens\u00e9 des conseils sur tout, de la masturbation aux attentats-suicides, tous deux autoris\u00e9s, mais ce dernier uniquement contre les Isra\u00e9liens.<\/p>\n\n\n\n<p>Qaradawi \u00e9tait la pierre angulaire d\u2019Al-Jazeera apr\u00e8s le 11 septembre, lorsque le r\u00e9seau a acquis une renomm\u00e9e mondiale pour la diffusion exclusive des messages vid\u00e9o de Ben Laden. La couverture par Al-Jazeera de l\u2019invasion de l\u2019Irak par les \u00c9tats-Unis en 2003 \u00e9tait un acte fi\u00e8rement favorable \u00e0 la r\u00e9sistance. En 2004, Qaradawi a \u00e9mis une fatwa affirmant qu&#8217;il \u00e9tait du devoir des musulmans de r\u00e9sister aux &#8220;forces de l&#8217;occupation.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Au m\u00eame moment, les \u00c9tats-Unis menaient des missions depuis Al Udeid contre les forces qu&#8217;Al-Jazeera applaudissait. La politique, disent les critiques, n&#8217;est pas impartiale mais schizophr\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;En 2003, les \u00c9tats-Unis avaient quitt\u00e9 l&#8217;Arabie saoudite parce que des id\u00e9ologues islamistes avaient d\u00e9nonc\u00e9 la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine dans la p\u00e9ninsule arabique&#8221;, explique un analyste saoudien. &#8220;Les \u00c9tats-Unis ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Al Udeid et maintenant les Qataris paient les m\u00eames islamistes saoudiens qui voulaient que les \u00c9tats-Unis s&#8217;en aillent. Ils rendent visite \u00e0 l&#8217;\u00e9mir, \u00e0 une tr\u00e8s courte distance en voiture d&#8217;Al Udeid.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>La base a\u00e9rienne d&#8217;Al Udeid et Al-Jazeera sont devenues les fondations sur lesquelles le Qatar a construit sa campagne de lobbying mondiale. Vient ensuite une s\u00e9lection tri\u00e9e sur le volet des grandes universit\u00e9s am\u00e9ricaines, apparemment choisies \u00e0 la fois pour leurs propres domaines d&#8217;excellence et pour leurs emplacements strat\u00e9giques aux \u00c9tats-Unis, et qui ont \u00e9galement ouvert des campus \u00e0 Doha. Selon un rapport de 2016, le Qatar d\u00e9pense plus de 400 millions de dollars par an pour soutenir les campus de Doha de six universit\u00e9s am\u00e9ricaines : Carnegie-Mellon, Georgetown, Northwestern, Texas A&amp;M, Weill Cornell Medical College, un avant-poste de la facult\u00e9 de m\u00e9decine de l&#8217;Universit\u00e9 Cornell, et Virginia Commonwealth Campus des arts de l&#8217;universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar pourrait d\u00e9penser encore plus d&#8217;argent dans les \u00e9tablissements d&#8217;enseignement sup\u00e9rieur aux \u00c9tats-Unis. Les m\u00e9dias am\u00e9ricains ont rapport\u00e9 que le Qatar est l&#8217;un des nombreux pays, dont l&#8217;Arabie saoudite et la Chine, \u00e0 inonder d&#8217;argent les meilleures universit\u00e9s comme Yale et Harvard avec plus de 6,5 milliards de dollars de financements \u00e9trangers non d\u00e9clar\u00e9s. Une \u00e9tude de &#8220;l&#8217;Institute for the Study of Global Antisemitism and Policy&#8221; a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que &#8220;les exigences et les proc\u00e9dures f\u00e9d\u00e9rales de d\u00e9claration ont \u00e9t\u00e9 inad\u00e9quates pour suivre les fonds provenant de l&#8217;\u00e9tranger. Cela repr\u00e9sente plus de 3 milliards de dollars offerts par le Qatar et les \u00c9tats du Golfe, qui n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s par les universit\u00e9s \u00e0 l&#8217;IRS ou au minist\u00e8re de l&#8217;\u00c9ducation.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar a \u00e9galement financ\u00e9 des \u00e9coles secondaires, par le biais de programmes en langue arabe. Depuis 2009, la Qatar Foundation International apporte un soutien direct aux \u00e9coles qui souhaitent cr\u00e9er ou d\u00e9velopper des programmes en langue arabe aux niveaux primaire et secondaire. En 2017, selon un rapport du Wall Street Journal, la QFI a donn\u00e9 30,6 millions de dollars sur une p\u00e9riode de 8 ans, \u00e0 &#8220;plusieurs dizaines d&#8217;\u00e9coles, de New York \u00e0 l&#8217;Oregon, et \u00e0 soutenu des initiatives visant \u00e0 cr\u00e9er ou \u00e0 encourager la cr\u00e9ation de programmes en arabe&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019engagement mondial de Doha \u00e0 travers l\u2019art est supervis\u00e9 par Moza bint Nasser, l\u2019un des principaux d\u00e9cideurs du Qatar, et en tant que m\u00e9c\u00e8ne des arts, une envoy\u00e9 non officielle en Occident qui contribue \u00e0 promouvoir l\u2019ouverture du Qatar au reste du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le Qatar a \u00e9t\u00e9 assez m\u00e9thodique dans la cr\u00e9ation de mus\u00e9es&#8221;, d\u00e9clare un ancien responsable am\u00e9ricain qui a servi pendant plusieurs ann\u00e9es \u00e0 Doha et est devenu proche de la famille dirigeante. &#8220;Il s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 l&#8217;art mondial et r\u00e9gional. Il consid\u00e8re la culture et l&#8217;\u00e9ducation comme des pierres angulaires.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Les mus\u00e9es qataris comprennent le Mus\u00e9e d&#8217;art islamique, le Mus\u00e9e national du Qatar, Mathaf, Mus\u00e9e arabe d&#8217;art moderne, ALRIWAQ et Katara. On estime que le Qatar consacre plus d&#8217;un milliard de dollars par an \u00e0 l&#8217;art, un chiffre peut-\u00eatre largement sous-estim\u00e9. L\u2019investissement du Qatar dans l\u2019art, \u00e9crit un critique, &#8220;consiste \u00e0 mettre en valeur et \u00e0 perp\u00e9tuer l\u2019identit\u00e9 arabe. Le d\u00e9fi pour le Qatar, et la raison pour laquelle il s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9 si diff\u00e9remment des \u00c9mirats arabes unis, est de savoir comment devenir un pays moderne sans adopter la culture occidentale.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Malheureusement, l\u2019antisionisme a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des piliers centraux de l\u2019identit\u00e9 arabe moderne de ces 70 derni\u00e8res ann\u00e9es, en plus du patronage des arts. Ainsi, Moza a \u00e9galement aid\u00e9 \u00e0 couver le Boycott, le D\u00e9sinvestissement, et le mouvement des sanctions sur les campus universitaires am\u00e9ricains. Un document de 2009 du minist\u00e8re de la Justice montre qu&#8217;elle a employ\u00e9 Fenton, la soci\u00e9t\u00e9 de communication bas\u00e9e aux \u00c9tats-Unis o\u00f9 le fondateur de J Street, Jeremy Ben Ami, avait occup\u00e9 un poste de haut niveau jusqu&#8217;\u00e0 son d\u00e9part pour former le rival progressiste de l&#8217;AIPAC fin 2007, bien qu&#8217;il n&#8217;y ait aucune preuve liant Ben Ami \u00e0 la campagne qatari. Le travail de Fenton consistait \u00e0 aider \u00e0 mettre sur pied Fakhoora, une organisation bas\u00e9e \u00e0 Doha qui cible les \u00e9tudiants aux \u00c9tats-Unis. Une d\u00e9claration publi\u00e9e sur le site Web de Fakhoora annonce que l\u2019objectif du groupe est &#8220;d\u2019isoler l\u2019apartheid isra\u00e9lien \u00e0 travers des appels au boycott de la soci\u00e9t\u00e9 civile palestinienne, le d\u00e9sinvestissement et les sanctions&#8221;. Un document de f\u00e9vrier 2010 intitul\u00e9 &#8220;Contrat de communication Fenton pour la campagne Al Fakhoora&#8221; a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 par le minist\u00e8re de la Justice dans ses archives num\u00e9riques des dossiers FARA. Les activit\u00e9s que Fenton accepte de fournir \u00e0 sa cliente, Son Altesse Sheikha Mozah Bint Nasser al-Missned, consistent \u00e0 &#8220;G\u00e9rer et \u00e9tablir des relations continues avec les \u00e9tudiants am\u00e9ricains et travailler avec des organisations partenaires pour g\u00e9rer d&#8217;autres relations \u00e9tudiantes en Europe et au Moyen-Orient.&#8221; En plus de promouvoir le BDS et d&#8217;autres mesures anti-isra\u00e9liennes sur les campus, Fakhoora \u00e9tait \u00e9galement impliqu\u00e9 dans des formes d&#8217;activisme moins acad\u00e9miques. Le directeur de l&#8217;organisation, Farooq Burney, \u00e9tait \u00e0 bord du navire turc, le Mavi Marmara, qui a tent\u00e9 d&#8217;organiser le blocus de Gaza en 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00eame rapport qui indiquait plus de 3 milliards de dollars de financement qatarien pour l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur aux \u00c9tats-Unis a \u00e9galement not\u00e9 &#8220;une corr\u00e9lation directe entre le financement des universit\u00e9s par le Qatar et les \u00c9tats du Golfe avec la pr\u00e9sence de groupes tels que Students for Justice in Palestine (SJP) et un environnement en d\u00e9t\u00e9rioration qui favorise une atmosph\u00e8re antis\u00e9mite et agressive.&#8221; La majeure partie des dons du Moyen-Orient \u00e9manent de donateurs qatariens (75%) et de la Fondation du Qatar qui totalisent pratiquement tous les dons du Qatar, conclut le rapport, &#8220;ces fonds ont un impact significatif sur les attitudes, la culture antis\u00e9mite et les activit\u00e9s du BDS.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>La journaliste Lee Smith, raconte au&#8217;au milieu de l\u2019hiver, elle d\u00e9jeune avec un ancien fonctionnaire europ\u00e9en poss\u00e9dant une vaste exp\u00e9rience au Moyen-Orient qui a propos\u00e9 d\u2019expliquer la strat\u00e9gie d\u2019investissement du Qatar. Pour le lieu du d\u00e9jeuner, il a sugg\u00e9r\u00e9 le Conrad, le nouvel h\u00f4tel de 360 \u200b\u200bchambres du centre-ville de Washington qui est le joyau des propri\u00e9t\u00e9s de Doha Beltway, CityCenterDC. Le projet immobilier polyvalent (r\u00e9sidentiel, commercial, bureau) \u00e9mane de la Maison Blanche qui a d\u00e9but\u00e9 en 2011 avec un investissement de 620 millions de dollars de &#8220;Qatari Diar Real Estate Company&#8221;, la branche d&#8217;investissement immobilier de la &#8220;Qatar Investment Authority&#8221;. Le terrain de 10 acres accueille des marques de vente au d\u00e9tail comme Ferragamo, Herm\u00e8s, Paul Stuart et des groupes de restauration internationaux comme DBGB et Momofuku. La salle \u00e0 manger principale du Conrad est Estuary, une salle minimaliste grise et marron.<\/p>\n\n\n\n<p>La strat\u00e9gie d\u2019investissement du Qatar, dit le responsable, &#8220;repose en partie sur l\u2019observation de ce que leurs voisins Saoudiens et Emiratis ont fait de leur richesse&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu \u00e0 la fois des succ\u00e8s et des \u00e9checs. &#8220;Les Emiratis ont cr\u00e9\u00e9 des villes \u00e0 partir de rien&#8221;, dit-il, &#8220;comme Duba\u00ef et Abu Dhabi, qui attise l&#8217;envie d&#8217;une grande partie du reste du monde.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Les New-Yorkais, les Parisiens, m\u00eame les Cairens et les Beyrouthins peuvent se permettre de penser aux structures g\u00e9antes comme \u00e0 des monstruosit\u00e9s en acier et en verre plant\u00e9es dans un d\u00e9sert aride. Mais en Asie, en Afrique et dans les anciens \u00c9tats sovi\u00e9tiques, Duba\u00ef et Doha ne sont pas seulement des correspondances de voyage reliant par exemple, Mumbai \u00e0 Londres, mais repr\u00e9sentent de rares opportunit\u00e9s pour un p\u00e8re philippin ou une m\u00e8re c\u00e9libataire du Kazakhstan de se soustraire \u00e0 la pauvret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le Qatar avait un gros avantage&#8221;, explique le responsable. &#8220;Les qataris sont parvenus \u00e0 leur richesse apr\u00e8s leurs voisins. Ils savent que leur gaz va s&#8217;\u00e9puiser \u00e0 un moment donn\u00e9. Leurs investissements sont tourn\u00e9s vers l&#8217;avenir, pour s&#8217;assurer qu&#8217;ils iront bien lorsque leurs ressources seront \u00e9puis\u00e9es.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00e9largir le portefeuille de Doha et minimiser sa d\u00e9pendance aux prix de l\u2019\u00e9nergie, Hamad a fond\u00e9 en 2005 la Qatar Investment Authority, qui poss\u00e8de d\u00e9sormais pr\u00e8s de 330 milliards de dollars d\u2019actifs. La QIA a d&#8217;importants investissements dans toute l&#8217;Europe, avec des participations importantes dans des soci\u00e9t\u00e9s et des institutions financi\u00e8res britanniques, fran\u00e7aises et allemandes de marque, notamment Volkswagen, Porsche, France T\u00e9l\u00e9com, Credit Suisse et Royal Dutch Shell. Ses avoirs \u00e0 Londres uniquement comprennent Harrods, le village olympique, le b\u00e2timent de l\u2019ambassade am\u00e9ricaine \u00e0 Grosvenor Square, ainsi que 8% de la Bourse de Londres, une part similaire de Barclays et un quart de Sainsbury\u2019s. Au total, ils poss\u00e8dent plus de Londres, dit-on, que le Crown Estate.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les marques europ\u00e9ennes les plus connues dans lesquelles les Qataris ont investi, il y a les \u00e9quipes de football, ce qui leur permet \u00e9galement de rivaliser avec les Emiratis tout aussi fous de ce sport. Les deux y voient un moyen de promouvoir leur image de marque mondiale. En 2012, Qatar Sports Investments a rachet\u00e9 l&#8217;\u00e9quipe de France de football, le Paris Saint-Germain. Qatar Airways, la compagnie a\u00e9rienne nationale, sponsorise un certain nombre d&#8217;\u00e9quipes majeures \u00e0 travers le monde, notamment le club italien AS Roma, le Bayern Munich de la ligue allemande, Boca Juniors en Argentine, et anciennement le barcelonais du Barcelona FC.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"800\" src=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Foot-Qatar.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2508\" srcset=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Foot-Qatar.jpg 1200w, https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Foot-Qatar-640x427.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption><em>ANDREAS SOLARO\/AFP VIA GETTY IMAGES<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Plus important encore, le Qatar est l&#8217;h\u00f4te de la Coupe du monde 2022. La construction des diff\u00e9rents sites, comme les nouveaux stades et h\u00f4tels, d\u00e9pend de la main-d&#8217;\u0153uvre bon march\u00e9 du Bangladesh et d&#8217;ailleurs du sous-continent asiatique. Un rapport de 2015 a d\u00e9montr\u00e9 que 1200 travailleurs y \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s et des estimations sugg\u00e8rent qu&#8217;au moment du premier coup d&#8217;envoi en novembre 2022, il pourrait y avoir un total de 4000 morts.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9tracteurs du Qatar utilisent le terme de &#8220;sportwashing&#8221; our d\u00e9signer les efforts de Doha \u00e0 blanchir ses violations des droits humains par le biais de marques de sport tr\u00e8s connues. &#8220;La critique est juste, mais les fortunes sont g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9es pour masquer les moyens peu agr\u00e9ables par lesquels elles ont \u00e9t\u00e9 acquises. Ce qui \u00e9tait assez bon pour les Medicis et les Carnegies l&#8217;est tout autant pour l&#8217;Al Thani.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar, d&#8217;apr\u00e8s David Des Roches, professeur \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de la D\u00e9fense nationale, &#8220;a une strat\u00e9gie tr\u00e8s consciente pour gagner en influence. Il est ouvert \u00e0 l&#8217;idee d\u2019accueillir des rassemblements, des conf\u00e9rences internationales et des expositions.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Selon un c\u00e2ble WikiLeaks de 2009, un expatri\u00e9 bas\u00e9 \u00e0 Doha a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 un diplomate am\u00e9ricain que les Qataris &#8220;lui avaient expliqu\u00e9 que leur volont\u00e9 de tenir des conf\u00e9rences internationales, d&#8217;heberger des bases militaires am\u00e9ricaines et de s&#8217;engager sans arr\u00eat avec les autres faisait partie d&#8217;une strat\u00e9gie pour prot\u00e9ger le Qatar. &#8220;Nous n\u2019avons pas d\u2019arm\u00e9es&#8221;, lui a dit un Qatarien, &#8220;consid\u00e9rez donc nos conf\u00e9rences comme nos porte-avions, nos bases militaires et nos armes nucl\u00e9aires.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;expatri\u00e9 \u00e9tait Hady Amr, un citoyen am\u00e9ricain n\u00e9 \u00e0 Beyrouth qui a servi dans l&#8217;administration Obama, apr\u00e8s son mandat de directeur du Brookings Doha Center.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation entre l&#8217;un des principaux groupes de r\u00e9flexion de Washington DC et le Qatar a commenc\u00e9 en 2002, lorsque l&#8217;\u00e9mirat a organis\u00e9 une conf\u00e9rence \u00e0 Doha avec le ministre qatari des Affaires \u00e9trang\u00e8res Hamad bin Jassem Al Thani (HBJ) et l&#8217;ancien ambassadeur des \u00c9tats-Unis en Isra\u00ebl Martin Indyk, alors directeur du Saban Center for Middle East Policy \u00e0 Brookings. En 2007, Brookings a annonc\u00e9 l&#8217;ouverture d&#8217;un centre \u00e0 Doha.<br>&#8220;Le Brookings Doha Center cherchera \u00e0 forger un partenariat durable entre les principaux d\u00e9cideurs politiques et universitaires des \u00c9tats-Unis et ceux du monde musulman&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Indyk dans un communiqu\u00e9 de presse. &#8220;Il accueillera \u00e9galement des visiteurs de Brookings et du monde musulman.&#8221;<br>Pour certains, la combinaison d&#8217;un pouvoir \u00e9tatique et d&#8217;une institution de recherche est discutable.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Si un membre du Congr\u00e8s utilise les rapports Brookings, il ne comprendra pas toute l&#8217;histoire, il doit en \u00eatre conscient&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Saleem Ali, un chercheur qui a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 au Brookings Doha Center au Qatar et qui a d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;on lui en avait parl\u00e9 lors de son entretien d&#8217;embauche. Il ne pouvait pas prendre des positions critiques \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du gouvernement qatari dans les journaux. &#8220;Ils n&#8217;obtiennent peut-\u00eatre pas une fausse histoire, mais ils n&#8217;obtiennent pas l&#8217;histoire compl\u00e8te.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 2002 et 2010, Brookings n&#8217;a pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 combien il avait re\u00e7u du Qatar. En 2011, le Qatar a donn\u00e9 \u00e0 Brookings 2,9 millions de dollars, 100 000 dollars en 2012, et en 2013 une subvention de quatre ans de 14,8 millions de dollars, juste quand Indyk est devenu l&#8217;envoy\u00e9 de l&#8217;administration Obama au processus de paix isra\u00e9lo-palestinien. En 2018 et 2019, l&#8217;ambassade du Qatar a fait don \u00e0 Brookings d&#8217;au moins 2 millions de dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>Une grande partie de l\u2019engagement de Doha avec le monde provient du Qatar Meeting, Incentive, Conference and Exhibition Development Institute (QMDI), qui fait du Qatar un lieu propice aux affaires. Le Forum annuel de Doha rassemble les principaux d\u00e9cideurs politiques du monde entier. La fille de Trump, Ivanka, le secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor Steve Mnuchin et le s\u00e9nateur Lindsey Graham figuraient parmi les plus grands noms de l&#8217;\u00e9dition 2019. Le ministre iranien des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Mohammad Javad Zarif, \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sent. En 2018, le Qatar a financ\u00e9 les voyages de six membres du Congr\u00e8s d\u00e9mocrates participant au forum.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Forum de Doha fait \u00e9galement \u00e9quipe avec un certain nombre de partenaires strat\u00e9giques, issus des m\u00e9dias am\u00e9ricains notamment, tels que Bloomberg, le magazine Foreign Policy et BuzzFeed. Les frais de d\u00e9placements et l&#8217;h\u00e9bergement des journalistes pour couvrir l&#8217;\u00e9v\u00e8nement en 2019 ont \u00e9t\u00e9 couverts par le forum. Un certain nombre de groupes de r\u00e9flexion bas\u00e9s aux \u00c9tats-Unis se sont engag\u00e9s en tant que partenaires strat\u00e9giques pour l&#8217;\u00e9dition 2019, notamment la Fondation Bill et Melinda Gates, le McCain Institute, la Rand Corporation, le Wilson Center, le Stimson Center et l&#8217;International Crisis Group. Un rapport de mars 2019 publi\u00e9 dans le Washington Free Beacon a montr\u00e9 que le Qatar avait donn\u00e9 4 millions de dollars \u00e0 l&#8217;ICG. Son pr\u00e9sident, Robert Malley, ancien assistant de l&#8217;administration Obama, est souvent cit\u00e9 comme un expert objectif des ONG du Moyen-Orient dans le New York Times.<\/p>\n\n\n\n<p>Des analystes r\u00e9gionaux affirment que le r\u00f4le du Qatar en tant qu\u2019interm\u00e9diaire peut \u00eatre utile \u00e0 certains, notamment en aidant \u00e0 lib\u00e9rer des otages. En novembre, Trump a remerci\u00e9 le cheikh Tamim pour l&#8217;aide de son \u00e0 lib\u00e9rer des talibans un otage am\u00e9ricain et un autre australien. Le Qatar a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le dans la lib\u00e9ration du soldat am\u00e9ricain Bowe Berghdal en 2014 en \u00e9change de cinq talibans de haut niveau d\u00e9tenues par les forces am\u00e9ricaines en Afghanistan.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon une \u00e9tude de Jonathan Schanzer, vice-pr\u00e9sident de la Fondation pour la d\u00e9fense des d\u00e9mocraties, entre 2011 et 2017, le Qatar a particip\u00e9 18 fois \u00e0 des pourparlers li\u00e9s \u00e0 des otages. Doha a pay\u00e9 des centaines de millions de dollars \u00e0 des groupes terroristes au Y\u00e9men, en Syrie, au Liban et en Irak pour la lib\u00e9ration d&#8217;otages arabes, occidentaux et asiatiques. Les d\u00e9tracteurs du Qatar, men\u00e9s par l\u2019Arabie saoudite, ont affirm\u00e9 que Doha utilisait les enl\u00e8vements comme \u00e9cran pour financer des groupes terroristes. C&#8217;est vrai que la diff\u00e9rence entre payer de grosses ran\u00e7ons \u00e0 des groupes terroristes et leur faire simplement de gros ch\u00e8ques n&#8217;est pas tellement significative, du moins pour les groupes terroristes.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon plusieurs sources, le blocus du CCG contre le Qatar a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 en partie, en raison du paiement d&#8217;une ran\u00e7on colossale aux groupes terroristes sunnites et chiites pour lib\u00e9rer des dizaines d&#8217;otages Qataris, y compris des membres de la famille royale, enlev\u00e9s en Irak lors d&#8217;une exp\u00e9dition de chasse. Les n\u00e9gociations pour les lib\u00e9rer ont dur\u00e9 plus d&#8217;un an et demi et se sont termin\u00e9es en avril 2017 lorsque les Qataris ont pay\u00e9 des centaines de millions de dollars aux groupes terroristes sunnites ainsi qu&#8217;aux milices affili\u00e9es \u00e0 l&#8217;Iran et au CGRI lui-m\u00eame. \u00c0 lui seul, Qassem Soleimani aurait d\u00e9gag\u00e9 50 millions de dollars gr\u00e2ce \u00e0 cet accord.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Saoudiens \u00e9taient furieux. &#8220;Il est compr\u00e9hensible qu\u2019ils veuillent lib\u00e9rer leurs compatriotes&#8221;, d\u00e9clare un analyste saoudien li\u00e9 au palais royal. &#8220;Mais cet argent est utilis\u00e9 pour combattre l&#8217;Arabie saoudite. Chaque jour, Riyad doit combattre al-Qaida. Les Iraniens tirent des missiles sur nos a\u00e9roports. Le Qatar n\u2019a pas ces inqui\u00e9tudes.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Doha dit qu\u2019elle lutte contre le terrorisme. Les responsables qatariens avec lesquels Lee Smith a parl\u00e9 ont fi\u00e8rement rappel\u00e9 le m\u00e9morandum d&#8217;accord am\u00e9ricano-qatarien sur le financement du terrorisme sign\u00e9 un mois apr\u00e8s l&#8217;embargo de juin 2017. &#8220;L&#8217;accord que nous avons tous les deux sign\u00e9 au nom de nos gouvernements repr\u00e9sente des semaines de discussions intensives entre experts et redonne de l&#8217;esprit au sommet de Riyad&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat Tillerson lors d&#8217;une conf\u00e9rence de presse conjointe avec le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Qatar, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Ils font de bons progr\u00e8s&#8221;, d\u00e9clare un ancien responsable am\u00e9ricain. &#8220;Il reste encore du travail \u00e0 faire, mais vous pouvez le dire de tous les pays du Golfe.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;autres sont plus sceptiques. &#8220;Les \u00c9tats-Unis ont voulu ce protocole d&#8217;accord sur le financement du terrorisme pendant un certain temps et ils ne l&#8217;ont obtenu qu&#8217;apr\u00e8s le blocus parce que les Qataris \u00e9taient au pied du mur&#8221;, explique un analyste saoudien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Qataris ont toujours \u00e9t\u00e9 laxistes quant \u00e0 la poursuite et la condamnation des financeurs du terrorisme. Parfois, ils les ont prot\u00e9g\u00e9s. Dans les ann\u00e9es 1990, le Qatar a abrit\u00e9 le principal dirigeant d&#8217;Al-Qaida, Khalid Sheikh Mohammed. Alors que le FBI se rapprochait de lui en 1996, Abdullah Bin Khalid al-Thani, un membre de la famille royale et ancien ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur a pr\u00e9venu l&#8217;adjoint de Ben Laden.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le fait que le Qatar ait sign\u00e9 le m\u00e9morandum d&#8217;accord que les \u00c9tats-Unis tentent de les faire signer depuis 10 ans prouve ce que nous faisons valoir&#8221;, d\u00e9clare l&#8217;analyste saoudien. &#8220;Vous ne pouvez pas avoir 10 000 soldats am\u00e9ricains et terroristes d\u00e9sign\u00e9s par les \u00c9tats-Unis en libert\u00e9 dans les m\u00eames centres commerciaux de Doha. c&#8217;est une demande tr\u00e8s sens\u00e9e des Am\u00e9ricains.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Curieusement, le gouvernement isra\u00e9lien semble soutenir au moins une partie du financement du terrorisme par le Qatar. Alors m\u00eame que J\u00e9rusalem s&#8217;est plaint que Doha accueille des responsables du Hamas comme Ismail Haniyeh, Isra\u00ebl a \u00e9galement permis au Qatar de continuer \u00e0 verser de l&#8217;argent \u00e0 Gaza dans l&#8217;espoir d&#8217;emp\u00eacher une nouvelle guerre. Selon Avigdor Lieberman, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a envoy\u00e9 de hauts responsables du renseignement et de l&#8217;arm\u00e9e \u00e0 Doha pour &#8220;supplier&#8221; les Qataris de continuer \u00e0 payer le Hamas, m\u00eame si Doha en a assez de l&#8217;organisation terroriste palestinienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Saoudiens ont leur propre histoire sombre en mati\u00e8re de financement du terrorisme. On ignore souvent le r\u00f4le que les Saoudiens ont jou\u00e9 en marge de l&#8217;establishment au pouvoir dans le financement terroriste et l&#8217;incitation aux attentats. Ce n&#8217;est que lorsque Al-Qaida a men\u00e9 des op\u00e9rations majeures peu apr\u00e8s le 11 septembre \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du royaume, ciblant les expatri\u00e9s et les forces de s\u00e9curit\u00e9, que Riyad a reconnu qu&#8217;il devait r\u00e9primer le terrorisme. Le Qatar n&#8217;a pas eu \u00e0 faire face \u00e0 ce dilemme et ne le fera peut-\u00eatre jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;La politique \u00e9trang\u00e8re du Qatar est comme une police d&#8217;assurance&#8221;, d\u00e9clare un historien am\u00e9ricain sp\u00e9cialite de la r\u00e9gion. &#8220;Leur principale activit\u00e9 r\u00e9gionale est d&#8217;utiliser les Fr\u00e8res musulmans pour projeter leur influence. C\u2019est comme l\u2019ancienne Union sovi\u00e9tique qui a utilis\u00e9 les partis communistes du monde entier pour \u00e9tendre leur influence. Les Qataris font de m\u00eame avec la Fraternit\u00e9, que ce soit en Tunisie, en Egypte ou en France. Ce n\u2019est pas que c&#8217;est un mod\u00e8le plus sophistiqu\u00e9 que celui des Saoudiens. Riyad n\u2019a pas de mouvements populaires sur lesquels s\u2019appuyer. Le Qatar si.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, explique l&#8217;expert du Moyen-Orient Shadi Hamid, &#8220;l&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis consid\u00e8rent la Confr\u00e9rie des Fr\u00e8res musulmans comme un d\u00e9fi existentiel. Ils la voient opaque et tenant un double discours. Pour eux, c\u2019est une menace. Ils se sentent tr\u00e8s fortement anti-Fr\u00e8res musulmans. Ils ont leur propre vision islamiste. Ils promeuvent l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un islam \u00e9tatiste et qui\u00e9tiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l&#8217;a \u00e9crit l&#8217;expert du Moyen-Orient Thomas Pierret: &#8220;L&#8217;Arabie saoudite ne m\u00e9prise pas seulement les Fr\u00e8res musulmans, mais tous les mouvements politiques islamiques et la politique de masse en g\u00e9n\u00e9ral, qu&#8217;elle consid\u00e8re comme une menace pour son mod\u00e8le de monarchie patrimoniale absolue. Les politiques saoudiennes ne sont pas guid\u00e9es par des doctrines religieuses, comme on le suppose trop souvent, mais par des pr\u00e9occupations pour la stabilit\u00e9 du royaume, qui se traduisent par un soutien \u00e0 des forces politiques intrins\u00e8quement conservatrices ou hostiles aux mouvements islamistes.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;Arabie saoudite et d&#8217;autres critiques affirment que la politique \u00e9trang\u00e8re du Qatar est con\u00e7ue pour apaiser les groupes terroristes. Mais les dirigeants qatariens ne voient pas les Fr\u00e8res musulmans comme une menace, dit Hamid. Auteur de &#8220;l&#8217;exceptionnalisme islamique: comment la lutte pour l&#8217;islam remod\u00e8le le monde&#8221;, Hamid \u00e9crit r\u00e9guli\u00e8rement sur la Confr\u00e9rie et a v\u00e9cu au Qatar pendant quatre ans ou il a travaill\u00e9 \u00e0 Brookings Doha. &#8220;Il y avait une organisation des Fr\u00e8res musulmans du Qatar, mais elle s&#8217;est dissoute en 1999&#8221;, dit Hamid. &#8220;C\u2019est un petit pays, il est donc difficile d\u2019y recruter des membres. De plus, compte tenu de la richesse du pays, il y a relativement peu de citoyens m\u00e9contents, peu de mod\u00e8les de personnes qui sont g\u00e9n\u00e9ralement attir\u00e9s par les promesses de justice sociale des Fr\u00e8res musulmans et les services qu\u2019ils fournissent habituellement dans les pays musulmans.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Hamid et d&#8217;autres experts r\u00e9gionaux disent que le blocus concerne fondamentalement l&#8217;islam politique. Doha a soutenu des groupes de Fr\u00e8res musulmans dans la r\u00e9gion, principalement en \u00c9gypte et en Syrie. &#8220;Le fait que le Qatar soutienne certains mouvements islamistes, les Saoudiens et les Emiratis le consid\u00e8rent comme une ing\u00e9rence dans leurs affaires int\u00e9rieures&#8221;, dit Hamid. &#8220;C\u2019est pourquoi ils le prennent personnellement. Toutes les branches de la Conf\u00e9rie sont consid\u00e9r\u00e9es probl\u00e9matiques. Le probl\u00e8me est que les Qataris ne sont pas motiv\u00e9s \u00e0 abandonner leur soutien \u00e0 ces groupes et \u00e0 perdre leur influence. Avec le blocus, les Saoudiens et les Emiratis ont voulu envoyer le message que le monde arabe ne peut plus subir le chaos comme celui du printemps arabe.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec spectaculaire du printemps arabe, Doha a cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9tablir les relations avec ses voisins et a transf\u00e9r\u00e9 le pouvoir au sein de la famille Al Thani, et Tamim a remplac\u00e9 Hamad.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;L&#8217;annonce officielle \u00e9tait que la transition du p\u00e8re au fils avait toujours \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9e&#8221;, dit Neubauer. &#8220;Mais on peut affirmer que l&#8217;abdication de 2013 au Qatar a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par ses politiques au printemps arabe, en particulier en \u00c9gypte et en Syrie, et Doha voulait commencer avec un \u00c9tat propre. Du point de vue du Qatar, apr\u00e8s 2013, il a fait tout ce que les Saoudiens lui avaient demand\u00e9.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;autres experts affirment que Tamim est simplement une figure de proue et Hamad est toujours aux commandes, avec le puissant ancien Premier ministre Hamad Bin Jassem, connu sous le nom de HBJ. &#8220;HBJ est tr\u00e8s pro-Fr\u00e8res musulmans et nationaliste pro-arabe&#8221;, d\u00e9clare un analyste r\u00e9gional. &#8220;De plus, dans un cadre priv\u00e9, il a clairement d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;aimait pas beaucoup l&#8217;Am\u00e9rique.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>En novembre 2013, les dirigeants du CCG, y compris le fraichement couronn\u00e9 Tamim, se sont r\u00e9unis dans la capitale saoudienne pour signer &#8220;l&#8217;accord de Riyad&#8221;, les engageant \u00e0 ne pas s&#8217;immiscer dans la politique int\u00e9rieure de leurs voisins. Ils devaient cesser de soutenir les groupes d&#8217;opposition et les m\u00e9dias &#8220;antagonistes&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire, semble-t-il, Al-Jazeera. Mais en mars 2014, dans une initiative qui annon\u00e7ait l&#8217;embargo de juin 2017, l&#8217;Arabie saoudite, les \u00c9mirats arabes unis et Bahre\u00efn ont retir\u00e9 leurs ambassadeurs de Doha, affirmant que le Qatar n&#8217;avait pas respect\u00e9 sa part du march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s que les Saoudiens et les Emiratis aient demand\u00e9 aux Qataris de fermer leur r\u00e9seau pro-Fr\u00e8res musulmans, Doha a diversifi\u00e9 son portefeuille avec des investissements dans des programmes la\u00efques &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire une chaine nationaliste arabe. En janvier 2015, le Qatar a lanc\u00e9 Al Araby, une chaine en langue arabe bas\u00e9e \u00e0 Londres qui se positionne comme un contrepoids \u00e0 Al-Jazeera. Le pouvoir derri\u00e8re la station est Azmi Bishara, l&#8217;ancien marxiste de 63 ans qui a fond\u00e9 le parti politique arabe isra\u00e9lien, Balad. En 2007, Bishara a fui Isra\u00ebl en raison de soup\u00e7ons contre lui d&#8217;espionnage pour le Hezbollah et le r\u00e9gime d&#8217;Assad pendant la deuxi\u00e8me guerre du Liban.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a atterri \u00e0 Doha o\u00f9, comme Qaradawi des d\u00e9cennies auparavant, il est devenu consigliere pour la famille dirigeante.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Lorsque Tamim veut le voir, le palais doit s\u2019assurer que l\u2019emploi du temps de Bishara est libre&#8221;, dit un \u00e9minent journaliste saoudien plaisantant \u00e0 moiti\u00e9, \u00e0 Lee Smith.<\/p>\n\n\n\n<p>Bishara a d\u00e9clar\u00e9 aux m\u00e9dias fran\u00e7ais qu&#8217;il n&#8217;avait pas de r\u00f4le officiel apr\u00e8s de l&#8217;\u00e9mir. &#8220;Je suis un intellectuel et il y a de l\u2019amiti\u00e9 et de la confiance entre nous. Quand il veut mon avis, je le lui donne. Je suis moins qu\u2019un conseiller et plus qu\u2019un conseiller.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Bishara est \u00e0 la t\u00eate du Centre arabe pour la recherche et la politique, un groupe de r\u00e9flexion bas\u00e9 \u00e0 Doha avec une succursale \u00e0 Washington D.C. Parmi les membres, Yousef Munayer, qui d\u00e9fend le mouvement Boycott, D\u00e9sinvestissement et Sanctions.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;autres, cependant, disent que le r\u00f4le de Bishara est largement surestim\u00e9. &#8220;C&#8217;est un nationaliste arabe de la vieille \u00e9cole&#8221;, a dit au t\u00e9l\u00e9phone un activiste pro-qatari bas\u00e9 \u00e0 Washington, \u00e0 Lee Smith. &#8220;La famille dirigeante pense qu&#8217;elle a l&#8217;obligation de prot\u00e9ger ces intellectuels palestiniens qui n&#8217;ont personne d&#8217;autre pour s&#8217;occuper d&#8217;eux. Bishara ne g\u00e8re rien.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Des sources arabes insistent cependant sur le fait que Bishara est le nouvel impresario intellectuel du Qatar. &#8220;Il est anti-islamiste parce qu\u2019il est un nationaliste arabe de la vieille \u00e9cole&#8221;, d\u00e9clare un analyste saoudien. &#8220;Ces gars-l\u00e0 ont toujours d\u00e9test\u00e9 l&#8217;Arabie car ils sont irrit\u00e9s par la richesse p\u00e9troli\u00e8re. &#8216;Nous avons enseign\u00e9 les math\u00e9matiques aux B\u00e9douins et ils nous doivent de partager leur richesse! &#8216; Ses int\u00e9r\u00eats sont en accord avec ceux du Qatar, pour l\u2019instant, il leur est donc utile.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Bishara, a d\u00e9clar\u00e9 feu le militant libanais Lokman Slim, &#8220;sait comment travailler \u00e0 travers les m\u00e9dias. Il dirige essentiellement la branche la\u00efque de la presse qatari.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu r\u00e9cemment en plus de Al-Araby, d&#8217;autres initiatives m\u00e9dias la\u00efques dont les sites web en arabe Al Araby Al Jadid (Le nouvel arabe) et Al-Modon (Les villes). Ce dernier, dit Slim, &#8220;a probablement la meilleure couverture de toutes les publications arabes aujourd&#8217;hui.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est le r\u00e9seau satellite bas\u00e9 \u00e0 Londres qui a innov\u00e9. L&#8217;offre la plus populaire d&#8217;Al Araby actuellement est &#8220;The Joe Show&#8221;, anim\u00e9e par le comique \u00e9gyptien Yussuf Hussein.<br>&#8220;C\u2019est tr\u00e8s tranchant et ironique&#8221;, dit un coll\u00e8gue de Slim, un homme d\u2019affaires libanais qui a demand\u00e9 \u00e0 Lee Smith de ne pas utiliser son nom dans la presse \u00e9crite. &#8220;Franchement, ce n\u2019est pas vraiment de l\u2019humour arabe, mais plut\u00f4t de l\u2019humour juif.&#8221;<br>Slim rit. &#8220;C\u2019est le propos de Bishara&#8221;, dit l\u2019activiste libanais. &#8220;C\u2019est du haut niveau en raison d\u2019o\u00f9 il vient. C&#8217;est un niveau isra\u00e9lien.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les r\u00e9centes initiatives m\u00e9diatiques du Qatar ont utilis\u00e9 comme arme le sentiment anti-isra\u00e9lien de Bishara dans le cadre d\u2019une campagne d\u2019influence contre les Juifs am\u00e9ricains &#8211; et un haut responsable am\u00e9ricain pro-Isra\u00ebl. Le concours du S\u00e9nat de 2018 au Texas entre le s\u00e9nateur Ted Cruz et le repr\u00e9sentant Beto O&#8217;Rourke a eu la campagne la plus houleuse et la plus co\u00fbteuse de l&#8217;histoire du S\u00e9nat. \u00c0 la fin de l&#8217;\u00e9t\u00e9, il \u00e9tait clair que Cruz, un critique notoire du Qatar et d&#8217;Al-Jazeera, \u00e9tait vuln\u00e9rable. \u00c0 ce stade, Al-Jazeera et les m\u00e9dias li\u00e9s \u00e0 Al-Jazeera, ont commenc\u00e9 \u00e0 mener une campagne de d\u00e9nigrement de style politique envers Omri Ceren, le conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale de Cruz. \u00c0 la fin du mois d&#8217;ao\u00fbt de cette ann\u00e9e-l\u00e0, des vid\u00e9os virales ont commenc\u00e9 \u00e0 fuir du plus profond d&#8217;Al-Jazeera au sujet du projet de film d&#8217;un cin\u00e9aste pro-palestinien qui avait secr\u00e8tement dirig\u00e9 une op\u00e9ration minutieuse de plusieurs mois \u00e0 Washington DC, enregistrant subrepticement des conversations avec des Juifs am\u00e9ricains.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9aste, se faisant passer pour un d\u00e9fenseur britannique pro-isra\u00e9lien, avait sp\u00e9cifiquement infiltr\u00e9 le Projet Isra\u00ebl, une organisation \u00e0 but non lucratif pro-Isra\u00ebl dont Ceren \u00e9tait alors le directeur g\u00e9n\u00e9ral. Le documentaire qui en a r\u00e9sult\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 mis au placard pendant des ann\u00e9es par le gouvernement qatari pour emp\u00eacher le retour de flamme diplomatique, de ce qui ressemblait \u00e0 une op\u00e9ration d&#8217;espionnage contre les Juifs am\u00e9ricains men\u00e9e sur le sol am\u00e9ricain. Tout \u00e0 coup, il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9 petit \u00e0 petit, sur fond d&#8217;histoires s&#8217;interrogeant sur la loyaut\u00e9 de ces Juifs des m\u00e9dias comme The Intercept. \u00c0 la fin d&#8217;octobre, le documentaire complet avait fui.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2019, avec 30 milliards de dollars d\u00e9j\u00e0 investis aux \u00c9tats-Unis, la QIA a annonc\u00e9 l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re qu&#8217;elle pr\u00e9voyait de porter ce montant \u00e0 45 milliards de dollars, en se concentrant principalement sur la technologie et l&#8217;immobilier. QIA avait d\u00e9j\u00e0 fait des perc\u00e9es dans le secteur de la technologie quand en d\u00e9cembre 2017, elle a pris la soci\u00e9t\u00e9 de logiciels Gigamon private pour 1,6 milliard de dollars en m\u00eame temps que Elliott Management.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne l&#8217;immobilier, le Qatar continue de s&#8217;appuyer sur ses gros avoirs am\u00e9ricains. CityCenterDC n&#8217;est que le plus grand et le plus connu de ses projets \u00e0 Washington D.C. En avril 2017, une d\u00e9l\u00e9gation de responsables de DC et d&#8217;investisseurs priv\u00e9s s&#8217;est rendue \u00e0 Doha pour encourager de nouveaux projets immobiliers, dont des h\u00f4tels. Plusieurs entreprises qataries poss\u00e8dent d\u00e9j\u00e0 des h\u00f4tels D.C. Al Rayyan Tourism Investment Co. a achet\u00e9 le St. Regis en 2015, Al Sraiya Holding Group a achet\u00e9 les Club Quarters pour 52,4 millions de dollars en 2016, et Alduwaliya a achet\u00e9 les Homewood Suites pr\u00e8s du Washington Convention Center pour 50,4 millions de dollars au d\u00e9but de 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>Alduwaliya, un capital-investissement mondial de plusieurs milliards de dollars au nom de la famille royale qatarie, a investi dans l&#8217;immobilier commercial en effectuant de nombreux achats dans la capitale, dont un immeuble de bureaux de 12 \u00e9tages sur Connecticut Avenue NW pour 64 millions de dollars, et un autre sur Thomas Jefferson Street pour 142 millions de dollars.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00eame entreprise a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 active dans plusieurs autres villes. En 2019, Alduwaliya a achet\u00e9 deux immeubles de bureaux dans le quartier financier de Boston pour 107,8 millions de dollars. A New York, Alduwaliya a achet\u00e9 plusieurs immeubles dans le quartier du v\u00eatement, en 2015 elle a achet\u00e9 un immeuble de bureaux sur la 39e rue pour 123,5 millions de dollars, en 2016 le Hilton Homewood Suites sur W. 37th Street pour 167,1 millions de dollars, et en 2019, elle a d\u00e9pens\u00e9 140 millions de dollars pour deux autres b\u00e2timents dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Un accord de 2018 pour renflouer un gratte-ciel de New York a contraint QIA \u00e0 consolider sa strat\u00e9gie d&#8217;investissement. Le Qatar avait investi dans Brookfield, ce qui a conduit \u00e0 un un accord pour sauver le 666 Fifth Avenue, propri\u00e9t\u00e9 de la famille de Jared Kushner. Le conseiller du pr\u00e9sident, qui est en m\u00eame temps son gendre, est amicalement proche du prince h\u00e9ritier saoudien Mohammed ben Salmane. Les dirigeants du Qatar, qui ne savaient que pour l&#8217;accord de 1,8 milliard de dollars, d\u00e9j\u00e0 un record \u00e0 l&#8217;\u00e9poque pour un immeuble de bureaux \u00e0 New York, craignaient que l&#8217;achat ne ressemble \u00e0 une tentative d&#8217;influence sur l&#8217;administration. Bien que la QIA n&#8217;ait pas \u00e9t\u00e9 directement impliqu\u00e9e dans l&#8217;accord, elle a d\u00e9cid\u00e9 de cesser de placer de l&#8217;argent dans des fonds qu&#8217;elle ne contr\u00f4le pas enti\u00e8rement.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 est bien s\u00fbr que les d\u00e9penses qataries sont destin\u00e9es \u00e0 influencer la politique am\u00e9ricaine. S&#8217;il y avait une inqui\u00e9tude au sujet de l&#8217;accord 666 Fifth Avenue, c&#8217;\u00e9tait simplement que le jeu d&#8217;influence semblait trop flagrant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Qatar a investi dans d&#8217;autres secteurs en plus de l&#8217;immobilier, comme les infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques. L&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re, il a conclu un accord de 10 milliards de dollars avec ExxonMobil pour agrandir un terminal de gaz naturel liqu\u00e9fi\u00e9 dans l&#8217;Etat du Texas, qui abrite le s\u00e9nateur Ted Cruz.<\/p>\n\n\n\n<p>Au printemps 2018, le Qatar a organis\u00e9 un forum des affaires \u00e0 Miami. Le Qatar a vu une opportunit\u00e9 avec la nouvelle franchise de la Major League Soccer de Miami, d\u00e9tenue par la star britannique \u00e0 la retraite David Beckham. La Qatar Foundation a sign\u00e9 un contrat de parrainage de 180 millions de dollars avec Inter Miami.<\/p>\n\n\n\n<p>En septembre 2017, trois mois apr\u00e8s l&#8217;imposition du blocus, Trump a rencontr\u00e9 Tamim \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;ONU, et un lobbyiste qatari a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 Reuters que Doha s&#8217;\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 d\u00e9penser plus d&#8217;argent pour Al Udeid et \u00e0 acheter des avions \u00e0 Boeing Co.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"859\" src=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Mnuchin.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2509\" srcset=\"https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Mnuchin.jpg 1200w, https:\/\/thedailyreports.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Mnuchin-640x458.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><figcaption>Le secr\u00e9taire d&#8217;Etat au Tr\u00e9sor Steve Mnuchin accueille l&#8217;emir du Qatar, Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani au D\u00e9partement du Tr\u00e9sor pour un diner avec le pr\u00e9sident Donald Trump \u00e0 Washington, D.C, le 8 juillet 2019_NICHOLAS KAMM\/AFP VIA GETTY IMAGES<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Moins d&#8217;une semaine plus tard, Qatar Airways a annonc\u00e9 un achat de six avions Boeing \u00e0 2,16 milliards de dollars. Doha s&#8217;est appuy\u00e9 sur sa relation d\u00e9j\u00e0 existante avec le fabricant. En 2016, Qatar Airways a conclu un accord de 11 milliards de dollars avec Boeing, qui comptait 30 787 Dreamliners construits \u00e0 Charleston, en Caroline du Sud.<\/p>\n\n\n\n<p>En f\u00e9vrier 2018, des hauts fonctionnaires de la Qatar Investment Authority ont effectu\u00e9 leur premier voyage officiel dans la ville. &#8220;J&#8217;esp\u00e8re que notre pr\u00e9sence ici se d\u00e9veloppera davantage&#8221;, a affirm\u00e9 Abdullah bin Mohammed Al Thani, PDG de QIA, lors d&#8217;une visite \u00e0 Charleston o\u00f9 il a rencontr\u00e9 le s\u00e9nateur principal de la Caroline du Sud, le s\u00e9nateur r\u00e9publicain Lindsey Graham et le gouverneur Henry McMaster.<\/p>\n\n\n\n<p>Le principal donateur de la campagne du gouverneur de McMaster, a rapport\u00e9 Jordan Schachtel, \u00e9tait un lobbyiste qatari, Imaad Zuberi, qui repr\u00e9sente la QIA, et avec sa famille et ses soci\u00e9t\u00e9s affili\u00e9es, a donn\u00e9 \u00e0 la campagne plus de 50 000 dollars. Zuberi a \u00e9t\u00e9 une importante source de fonds pour Obama et Clinton, et il a soutenu la Fondation Clinton, mais il a \u00e9galement fait don de pr\u00e8s d&#8217;un million de dollars au comit\u00e9 inaugural de Trump.<\/p>\n\n\n\n<p>Un mois apr\u00e8s le voyage inaugural de QIA \u00e0 Charleston, le Qatar a cr\u00e9\u00e9 Barzan Aeronautical, une filiale de Barzan Holdings, la branche d\u2019investissement strat\u00e9gique des forces arm\u00e9es du Qatar, &#8220;pour mettre sur pied une initiative d\u2019avions militaires de grande taille qui devrait soutenir de nombreux emplois&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Les alli\u00e9s traditionnels des \u00c9tats-Unis au Moyen-Orient comme Isra\u00ebl, l&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis ont accueilli avec soulagement l&#8217;\u00e9lection de Donald Trump, esp\u00e9rant un retour \u00e0 la strat\u00e9gie r\u00e9gionale am\u00e9ricaine conventionnelle dont ils \u00e9taient les pierres angulaires. L\u00e0 o\u00f9 la Maison Blanche d&#8217;Obama les avait \u00e9chang\u00e9s contre la R\u00e9publique islamique d&#8217;Iran, Trump avait d\u00e9nonc\u00e9 l&#8217;accord nucl\u00e9aire iranien lors de la campagne \u00e9lectorale et avait promis de r\u00e9tablir les relations avec les Saoudiens. <\/p>\n\n\n\n<p>Trump a effectu\u00e9 sa premi\u00e8re visite \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger \u00e0 Riyad, le 20 mai 2017. Le voyage a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s, car les Saoudiens avaient rassembl\u00e9 les dirigeants du monde musulman et arabe pour entendre le pr\u00e9sident am\u00e9ricain promettre l&#8217;amiti\u00e9 tout en les conseillant pour faire face \u00e0 leur probl\u00e8me de terrorisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les coulisses, cependant, le conflit intra-CCG s&#8217;intensifiait. Le 23 mai, la Fondation pour la d\u00e9fense des d\u00e9mocraties (FDD) et le Hudson Institute (dont Lee Smith est membre senior), ont tenu une conf\u00e9rence sur le Qatar et les Fr\u00e8res musulmans avec d&#8217;anciens responsables am\u00e9ricains de haut niveau, comme l&#8217;ancien chef du Pentagone Robert Gates et le membre du Congr\u00e8s r\u00e9publicain Ed Royce. Alors pr\u00e9sident de la commission des affaires \u00e9trang\u00e8res de la Chambre, Royce avait annonc\u00e9 qu&#8217;il parrainait une loi sanctionnant le Qatar pour son soutien au Hamas.<\/p>\n\n\n\n<p>La conf\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par Elliott Broidy, un donateur de Trump, vice-pr\u00e9sident des finances du Comit\u00e9 national r\u00e9publicain et un homme d&#8217;affaires qui a remport\u00e9 des contrats aux EAU pour sa soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 priv\u00e9e. Selon des courriels divulgu\u00e9s \u00e0 l&#8217;AP, Broidy a affirm\u00e9 qu&#8217;il avait &#8220;fait passer&#8221; Royce de la critique de l&#8217;Arabie saoudite \u00e0 &#8220;la critique du Qatar&#8221;. Les avocats de Broidy ont accus\u00e9 le Qatar d&#8217;avoir pirat\u00e9 les e-mails de leurs clients et ont \u00e9crit \u00e0 l&#8217;ambassade du Qatar aux \u00c9tats-Unis qu&#8217;ils poss\u00e9daient &#8220;des preuves irr\u00e9futables liant le Qatar \u00e0 cette attaque ill\u00e9gale et \u00e0 cet espionnage dirig\u00e9 contre un \u00e9minent citoyen am\u00e9ricain sur le territoire des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 24 mai, le site Web de l\u2019agence de presse du Qatar a \u00e9t\u00e9 pirat\u00e9, avec des d\u00e9clarations attribu\u00e9es au Cheikh Tamim qualifiant le Hamas de &#8220;repr\u00e9sentant l\u00e9gitime du peuple palestinien&#8221;, mettant en garde contre la confrontation avec l\u2019Iran et affirmant que ses relations avec Isra\u00ebl \u00e9taient bonnes. Doha a imm\u00e9diatement ni\u00e9 que ces propos provenaient de l\u2019\u00e9mir, mais ils \u00e9taient n\u00e9anmoins repr\u00e9sentatifs de la politique \u00e9trang\u00e8re du Qatar &#8220;ami de tous&#8221;. Des rapports ult\u00e9rieurs ont affirm\u00e9 qu&#8217;Abou Dhabi \u00e9tait \u00e0 l&#8217;origine du piratage, ce que l&#8217;ambassadeur \u00e9mirati aux \u00c9tats-Unis, Yousef Al Otaiba, a ni\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu du piratage entre les deux rivaux n&#8217;a fait que s&#8217;amplifier \u00e0 partir de l\u00e0. Le 3 juin, l\u2019Intercept a publi\u00e9 la correspondance \u00e9lectronique pirat\u00e9e d\u2019Otaiba avec le PDG de FDD, Mark Dubowitz, et le conseiller principal de FDD, John Hannah. Les courriels pirat\u00e9s, selon l&#8217;histoire d&#8217;Intercept, comportent un ordre du jour pour une prochaine r\u00e9union des responsables du FDD et du gouvernement des \u00c9mirats arabes unis qui devait discuter, entre autres, d &#8216;Al Jazeera &#8220;comme instrument d&#8217;instabilit\u00e9 locale&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Deux jours plus tard, le 5 juin, les Saoudiens et les Emiratis ont impos\u00e9 le blocus. Ils ont pari\u00e9 que le pr\u00e9sident prendrait leur parti dans la crise. Il avait embrass\u00e9 les Saoudiens. Il avait fait une danse de l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e0 Riyad lors de son premier voyage \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Le nouveau pr\u00e9sident avait expliqu\u00e9 que les investissements saoudiens aux \u00c9tats-Unis, y compris les achats d&#8217;armes d&#8217;un milliard de dollars, mettaient les Am\u00e9ricains au travail. Il consid\u00e9rait le roi et le prince h\u00e9ritier comme de solides alli\u00e9s dans le conflit avec l&#8217;Iran et la guerre sans fin contre l&#8217;extr\u00e9misme islamique.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;L&#8217;Arabie saoudite et les \u00c9mirats arabes unis ont vu Trump comme une opportunit\u00e9 de r\u00e9gler une fois pour toutes la question du Qatar&#8221;, d\u00e9clare Neubauer. &#8220;Ils ont assimil\u00e9 le Qatar \u00e0 l&#8217;islam radical, puis lorsqu&#8217;ils ont mis en \u0153uvre le blocus, Trump \u00e9tait initialement de leur c\u00f4t\u00e9.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 6 juin, Trump a tweet\u00e9:<br>Le secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat de l&#8217;\u00e9poque, Tillerson, a recommand\u00e9 une approche plus \u00e9quilibr\u00e9e. En tant qu&#8217;ancien PDG et pr\u00e9sident d&#8217;ExxonMobil, Tillerson connaissait tous les acteurs impliqu\u00e9s. La position du pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 rapidement temp\u00e9r\u00e9e. Le 7 juin, il s&#8217;est entretenu avec Tamim et a propos\u00e9 de servir de m\u00e9diateur dans le conflit.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8220;Le pr\u00e9sident a soulign\u00e9 l&#8217;importance pour tous les pays de la r\u00e9gion de travailler ensemble pour emp\u00eacher le financement des organisations terroristes et arr\u00eater la promotion de l&#8217;id\u00e9ologie extr\u00e9miste&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 la Maison Blanche dans un communiqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Trump que les relations des \u00c9tats-Unis avec tous les \u00c9tats du CCG sont bonnes pour les affaires am\u00e9ricaines. Moins d&#8217;une semaine plus tard, Doha a achet\u00e9 pour 12 milliards de dollars de F-15. En juillet, Washington et Doha ont sign\u00e9 le protocole d&#8217;accord sur la lutte contre le financement du terrorisme. Des mois plus tard, Trump finirait par remercier le dirigeant du Qatar, Sheik Tamim bin Hamad Al Thani, pour avoir aid\u00e9 \u00e0 combattre le terrorisme. La Maison Blanche a expliqu\u00e9 que Trump &#8220;a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 son soutien \u00e0 un Conseil de coop\u00e9ration du Golfe fort et uni, ax\u00e9 sur la lutte contre les menaces r\u00e9gionales&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>La Maison Blanche a tenu \u00e0 voir le conflit entre ses partenaires du CCG r\u00e9solu. Selon Tamim, Trump lui aurait dit: &#8220;Je n&#8217;accepterai pas que mes amis se battent entre eux.&#8221; Un CCG fragment\u00e9 rendrait plus difficile la mise en \u0153uvre des politiques du Moyen-Orient les plus importantes pour Trump &#8211; affronter l&#8217;Iran, retirer les forces d&#8217;Afghanistan et d&#8217;Irak, et restaurer l&#8217;alliance sp\u00e9ciale avec Isra\u00ebl. Le Pentagone avait \u00e9galement pes\u00e9, rappelant \u00e0 la Maison Blanche que le Qatar abritait d&#8217;importantes bases militaires dont le remplacement co\u00fbterait cher.<\/p>\n\n\n\n<p>Le blocus a mis les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques du Qatar encore plus en \u00e9vidence. L&#8217;engagement diplomatique du Qatar \u00e0 DC \u00e9tait minime et incapable de correspondre \u00e0 l&#8217;ambassadeur des \u00c9mirats arabes unis Yousef Al Otaiba, connu comme l&#8217;un des envoy\u00e9s les plus habiles et les plus agressifs de DC, qui disait aux responsables et alli\u00e9s am\u00e9ricains que l&#8217;administration devrait d\u00e9placer la base a\u00e9rienne am\u00e9ricaine du Qatar. Bient\u00f4t, les Qataris ont commenc\u00e9 \u00e0 envoyer des d\u00e9l\u00e9gations de haut niveau pour rencontrer les correspondants de la politique \u00e9trang\u00e8re de Washington et les experts des groupes de r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p>Doha avait d\u00e9pens\u00e9 4,2 millions de dollars pour faire du lobbying \u00e0 Washington l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dant le blocus. \u00c0 titre de comparaison, les Saoudiens avaient d\u00e9pens\u00e9 77 millions de dollars la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente. En 2017, le Qatar a fait grimper les d\u00e9penses du lobbying \u00e0 16,3 millions de dollars, une \u00e9norme augmentation, d&#8217;autant plus que le blocus a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 au milieu de l&#8217;ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin 2017, le Qatar avait trac\u00e9 une voie unique, courtisant des personnalit\u00e9s proches de l&#8217;administration Trump, comme l&#8217;ancien conseiller de campagne de Trump, Barry Bennett, dont la soci\u00e9t\u00e9 de lobbying a remport\u00e9 un contrat de 6 millions de dollars avec Doha. L&#8217;ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, a travaill\u00e9 sur une enqu\u00eate pour les Qataris et s&#8217;est rendu \u00e0 Doha peu de temps avant d&#8217;\u00eatre embauch\u00e9 comme avocat du pr\u00e9sident en avril 2018.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le Qatar a \u00e9galement embauch\u00e9 le chef de cabinet adjoint de la campagne pr\u00e9sidentielle de Ted Cruz, Nick Muzin, pour atteindre la communaut\u00e9 juive am\u00e9ricaine. Lui et le restaurateur new-yorkais Joey Allaham ont persuad\u00e9 d&#8217;\u00e9minentes personnalit\u00e9s juives comme l&#8217;avocat Alan Dershowitz, le chef de l&#8217;Organisation sioniste d&#8217;Am\u00e9rique, Morton Klein, et le vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif de la Conf\u00e9rence des pr\u00e9sidents des principales organisations juives, Malcolm Hoenlein, de se rendre \u00e0 Doha et de s&#8217;entretenir avec des responsables qatariens. &#8220;Le Qatar a essay\u00e9 quelque chose de diff\u00e9rent&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 l&#8217;ancien conseiller de Trump Steve Bannon au Wall Street Journal. &#8220;Avoir tous ces influenceurs, les dirigeants juifs et les gens proches du pr\u00e9sident, montre un haut niveau de sophistication.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9ritable perc\u00e9e du Qatar ne se produirait cependant qu\u2019\u00e0 l\u2019automne 2018, quand il a profit\u00e9 de la tragique b\u00e9vue de son rival saoudien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 2 octobre, le ressortissant saoudien Jamal Khashoggi a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 au consulat saoudien d&#8217;Istanbul. Son assassinat par les mains d&#8217;agents du renseignement saoudiens a servi de plate-forme \u00e0 de multiples op\u00e9rations d&#8217;information men\u00e9es par divers acteurs, \u00e0 des fins multiples. Les services de renseignement turcs voulaient attribuer le meurtre au prince h\u00e9ritier d&#8217;Arabie saoudite, rival de la primaut\u00e9 r\u00e9gionale. Ils avaient au Qatar un alli\u00e9 dont les agents \u00e0 Istanbul et \u00e0 Washington ont contribu\u00e9 \u00e0 faire conna\u00eetre l&#8217;histoire \u00e0 la presse am\u00e9ricaine, qui y voyait une autre opportunit\u00e9 de cibler Trump et de relancer l&#8217;accord avec l&#8217;Iran.<\/p>\n\n\n\n<p>De Doha, Azmi Bishara a li\u00e9 le meurtre \u00e0 Trump. &#8220;Ce qui devrait nous occuper n\u2019est pas la responsabilit\u00e9 de Mohammed ben Salmane dans cet acte barbare, car c\u2019est une \u00e9vidence, les eaux de toute la mer d\u2019Arabie ne peuvent pas laver ses mains du sang de Khashoggi, ni aucun accord ou r\u00e9cit qui lui est propos\u00e9 par Trump et ses acolytes. Non, ce que nous devrions demander, c&#8217;est ceci: quel genre de leader prend une d\u00e9cision aussi criminelle et insens\u00e9e?&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>En mettant le visage du pr\u00e9sident am\u00e9ricain sur MBS, Bishara et les autres \u00e9taient s\u00fbrs de galvaniser la r\u00e9sistance anti-Trump. \u00c0 juste titre, le meurtre de Khashoggi est devenu la plate-forme d&#8217;une op\u00e9ration d&#8217;information. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vie, il avait occup\u00e9 la zone grise bien connue de la politique arabe o\u00f9 les m\u00e9dias se croisent avec les op\u00e9rations de renseignement. C&#8217;est la relation de Khashoggi avec Oussama Ben Laden &#8211; un ami dont il a pleur\u00e9 la mort &#8211; qui lui a valu depuis longtemps l&#8217;attention du chef du renseignement saoudien, Turki al-Faisal, qui semble l&#8217;avoir utilis\u00e9 comme un canal de retour vers Al-Qaida. Faisal a nomm\u00e9 Khashoggi son &#8220;conseiller m\u00e9diatique&#8221; lorsqu&#8217;il \u00e9tait ambassadeur \u00e0 Londres, puis \u00e0 Washington et \u00e0 Riyad, il l&#8217;a embauch\u00e9 deux fois pour diriger le journal qu&#8217;il poss\u00e9dait, Al Watan. Pour contourner ces d\u00e9tails g\u00eanants sur les ant\u00e9c\u00e9dents de Khashoggi et faire avancer son programme, Bishara a renomm\u00e9 Khashoggi &#8220;journaliste du Washington Post&#8221; et &#8220;r\u00e9sident permanent des \u00c9tats-Unis&#8221;. En cons\u00e9quence, Trump a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de prendre des mesures contre Riyad. &#8220;Il est impossible que nous continuions \u00e0 faire des affaires avec l&#8217;Arabie saoudite comme si cela ne s&#8217;\u00e9tait jamais produit&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Lindsey Graham, faisant \u00e9cho aux points des discussions anti-Riyad.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, bien s\u00fbr, Khashoggi \u00e9tait un ressortissant \u00e9tranger avec un appartement dans le nord de la Virginie et qui savait \u00e0 peine \u00e9crire l&#8217;anglais &#8211; une grande partie de son travail dans le Washington Post \u00e9tait fortement corrig\u00e9 et parfois carr\u00e9ment r\u00e9dig\u00e9 pour lui par un ancien officier du service ext\u00e9rieur am\u00e9ricain, Maggie Mitchell Salem, comme l&#8217;a rapport\u00e9 le Washington Post lui-m\u00eame. Salem \u00e9tait employ\u00e9e par Qatar Foundation International \u00e0 Washington DC.<\/p>\n\n\n\n<p>Lindsey Graham, dont l\u2019\u00c9tat d\u2019origine a \u00e9t\u00e9 le destinataire de certains des plus importants investissements directs du Qatar qui ont servi \u00e0 la cr\u00e9ation de milliers d\u2019emplois dans l\u2019\u00c9tat, a \u00e9t\u00e9 implacable dans ses attaques contre MBS. &#8220;Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le meurtre de Monsieur Khashoggi a \u00e9t\u00e9 orchestr\u00e9 ou approuv\u00e9 par le prince h\u00e9ritier et en connaissance de cause&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Graham. &#8220;Aucune quantit\u00e9 de p\u00e9trole sortant de l&#8217;Arabie saoudite ni aucune menace de l&#8217;Iran ne me fera reculer&#8221;, a-t-il ajout\u00e9. Apr\u00e8s un briefing de la CIA sur le meurtre, Graham a d\u00e9clar\u00e9: &#8220;Je pense qu&#8217;il est complice du meurtre de M. Khashoggi au plus haut niveau possible.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Le Washington Post, dont le propri\u00e9taire, Jeff Bezos, a accus\u00e9 le prince h\u00e9ritier saoudien d&#8217;avoir pirat\u00e9 son t\u00e9l\u00e9phone personnel et communiqu\u00e9 des \u00e9changes compromettantes avec sa ma\u00eetresse (les procureurs f\u00e9d\u00e9raux auraient des preuves que les photographies ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es par le fr\u00e8re de la ma\u00eetresse de Bezos), a demand\u00e9 au lobbyiste de premier plan du GOP Ed Rogers du groupe de lobbying politique BGR d&#8217;arr\u00eater de repr\u00e9senter l&#8217;Arabie saoudite, sinon il ne pourrait plus \u00e9crire pour le Post, le journal local du Congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Six cabinets de lobbying ont rompu leurs relations avec Riyad.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le pr\u00e9sident s&#8217;est tenu aux c\u00f4t\u00e9s de MBS, pour la m\u00eame raison qu&#8217;il s&#8217;est rapidement r\u00e9concili\u00e9 avec les Qataris &#8211; c&#8217;est bon pour les affaires am\u00e9ricaines. Comme Trump l&#8217;a expliqu\u00e9 dans un communiqu\u00e9 de novembre 2018 apr\u00e8s un voyage en Arabie saoudite, &#8220;le Royaume a accept\u00e9 de d\u00e9penser et d&#8217;investir 450 milliards de dollars aux \u00c9tats-Unis. \u2026 Cela cr\u00e9era des centaines de milliers d&#8217;emplois, un formidable d\u00e9veloppement \u00e9conomique et une richesse suppl\u00e9mentaire pour les \u00c9tats-Unis. Sur les 450 milliards de dollars, 110 milliards de dollars seront consacr\u00e9s \u00e0 l&#8217;achat d&#8217;\u00e9quipements militaires de Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et de nombreux autres grands entrepreneurs am\u00e9ricains de la d\u00e9fense. Si nous annulons stupidement ces contrats, la Russie et la Chine en seraient les \u00e9normes b\u00e9n\u00e9ficiaires &#8211; et tr\u00e8s heureuses d&#8217;acqu\u00e9rir toutes ces nouvelles affaires. Ce serait un merveilleux cadeau pour eux offert directement par les \u00c9tats-Unis!<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble que tant que le conflit du CCG se poursuivra, le Beltway continuera \u00e0 en profiter, tout comme d&#8217;autres villes am\u00e9ricaines, de New York \u00e0 Charleston, et les industries am\u00e9ricaines, de la d\u00e9fense \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation. &#8220;Les deux parties pensent que Trump peut vous imposer une solution favorable et mauvaise pour vos rivaux&#8221;, d\u00e9clare un lobbyiste saoudien bas\u00e9 \u00e0 Washington. &#8220;Les \u00c9tats-Unis ont impos\u00e9 un embargo sur Cuba qui a dur\u00e9 plus d&#8217;un demi-si\u00e8cle&#8221;, d\u00e9clare un \u00e9minent journaliste saoudien. &#8220;Nous pouvons certainement faire de m\u00eame. Et si quelqu&#8217;un peut se le permettre, c&#8217;est bien le Qatar.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, les \u00c9tats du Golfe sont habitu\u00e9s \u00e0 un certain niveau de conflit interne et \u00e0 la gestion des dynamiques contentieuses et, en un sens, tribales. Cependant, il n\u2019est pas cantonn\u00e9 au Golfe. L&#8217;extraordinaire richesse des acteurs impliqu\u00e9s leur a permis d&#8217;exporter le conflit \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas vraiment le Qatar ni aucun des pays du CCG, dont aucun n\u2019oblige quiconque \u00e0 prendre son argent. Au contraire, le conflit souligne la fragilit\u00e9 de la sph\u00e8re publique am\u00e9ricaine, en particulier les m\u00e9dias et le syst\u00e8me politique fractur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant pr\u00e8s de quatre ans, la presse et la moiti\u00e9 de l&#8217;\u00e9lectorat ont \u00e9t\u00e9 consum\u00e9s par un fantasme vicieux affirmant que le pr\u00e9sident am\u00e9ricain est secr\u00e8tement redevable \u00e0 la Russie. Malgr\u00e9 tous les d\u00e9g\u00e2ts qu&#8217;elle a caus\u00e9s, cette th\u00e9orie du complot souligne n\u00e9anmoins la pr\u00e9occupation tr\u00e8s r\u00e9elle que les \u00e9lecteurs partagent \u00e0 travers le spectre politique &#8211; qu&#8217;ils ont peu de connaissances sur les divers instruments et m\u00e9canismes utilis\u00e9s pour fa\u00e7onner leur vie, et que ceux qui choisissent pour eux peuvent ne pas mettre toujours la s\u00e9curit\u00e9 et la prosp\u00e9rit\u00e9 du public am\u00e9ricain au premier plan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce dossier est bas\u00e9 sur le rapport du 30 mars 2020 de Lee Smith, auteur et journaliste politique am\u00e9ricain. Le Qatar, nation du Moyen-Orient, compte un peu plus de 300 000 Qataris natifs, vivant sur 11 586 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de sable, majoritairement d\u00e9sertiques. 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